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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:20

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J'ai étonné l'une de mes connaissances, il y a quelques années, quand je lui ai expliqué que le but de ma présence sur certains réseaux sociaux n'était pas de rencontrer absolument de visu les personnes avec lesquelles j'avais l'habitude de dialoguer, même si c'était pour éviter de me couper de toute vie sociale que j'y trainais. J'avoue qu'il en fut bien étonné, lui qui était prêt à parcourir la France entière pour cela alors que j'ai, au contraire, besoin d'être "dans mes meubles" pour me sentir bien. Question de goût, question de personnalité, question du temps que l'on est prêt à y consacrer au détriment du travail... oui, sans doute mais, jusqu'ici, personne n'avait essayé de comprendre pourquoi.

Or, une étude vient aujourd'hui donner un peu de visibilité à ce qui peut être considéré comme une étrangeté, même si elle est résumée un peu vite et sommairement sous le titre : "Les gens intelligents préfèrent la solitude". Je ne pense pas, en effet, qu'il soit forcément ou uniquement question de QI dans cette histoire, mais en tout cas, l'étude a sans doute raison quand elle parle d'une certaine perception du monde qui serait différente chez une partie de ceux et celles qui ont l'habitude de "raisonner à haute dose" ou à psychoter.

"Les résultats suggèrent (et ce n’est pas une surprise) que les plus intelligents seront moins à même de passer du temps à socialiser parce qu’ils seront concentrés sur un autre objectif à long terme", avance Carol Graham, chercheur à l’institution Brookings, que cet objectif soit professionnel et/ou personnel.

Pour les auteurs de l'étude (les Pr. Kanazawa et Li qui ont publié leurs travaux dans le British Journal of Psychologie), cependant, tout cela serait lié à la  "savanna theory of happiness" (théorie du bonheur de la savane) qui défend l’idée que nous sommes des êtres sociaux en raison d’un impératif de vie en communauté ancestral nécessaire à notre survie. Le groupe nous a jadis rendus moins vulnérable, c’est pourquoi nous ressentons un impérieux besoin d’en faire partie aujourd’hui. Si les individus à QI élevé ne se reconnaissent pas dans cette vérité millénaire, c’est parce que la fulgurance de leurs connexions cérébrales les rend plus aptes à l’adaptation et à l'actualisation de leur mode de vie dans l'espace qu'ils investissent, d'après ce qu'en retient le site gqmagazine.fr.

Plus aptes à l'adaptation et à l'actualisation de leur mode de vie, je ne sais (je suis vraiment dépassé par certaines des nouvelles technologies, de la télé et du téléphone par box à la télé par fibre optique); peut-être juste plus apte à "piger" si on cherche à leur expliquer concrètement et intelligemment sans les noyer sous un bagou de vendeurs qui n'y connaissent rien mais font semblant de...  Certains "solitaires intelligents", je pense, sont, en fait, de grands angoissés qui ont besoin, plus que d'autres, d'être rassurés sans qu'on les prenne pour des crétins finis, un pan que l'étude ne semble pas creuser alors qu'il me parait être aussi important.

De plus, des deux théories, celle de Carol Graham me semble, somme toute, la plus juste ou la plus proche de ce qu'il y a à comprendre, à analyser, même si j'y ajouterait la volonté de maîtriser les choses (ex. un travail collaboratif est une contrainte parce qu'il faut sans cesse négocier, faire des concessions, renoncer, accepter de voir son projet prendre une forme qui nous satisfait moins avec le risque d'être franchement déçu du résultat final; or, vous allez avoir tout un mécanisme intellectuel qui va faire que "l'intelligent" préférera toujours, même s'il va avoir besoin de l'aide de x ou y, tout contrôler de A à Z et même se planter, mais au moins avec la satisfaction de ne pouvoir s'en prendre qu'à lui-même, parce que ça le rassure). On en revient d'ailleurs à ce que je disais: je crois qu'une partie de ces "solitaires" sont de perpétuels angoissés qui ont besoin, par tous les moyens, de se rassurer, de l'être ou de le paraître, comme ici avec le besoin d'être unique "maître à bord".

Enfin, le temps passé à socialiser peut être aussi, je pense, vécu comme une source de stress (et ceux qui m'ont déjà rencontré savent combien je ne suis vraiment pas à l'aise dans ce genre de situation), contrairement à ce qu'on pourrait penser: peur d'y consacrer trop de temps, peur de décevoir, peur d'être trahi, peur de s'imposer des contraintes et de blesser quand elles pèsent trop, peur de l'image que l'on renvoie.

Forcément, il y a, dans la vie, des moments où on le vit très bien, et à d'autres moins, c'est un peu le problème de ce mode de fonctionnement qui n'est simple ni pour l'intéressé, ni pour les personnes qui le connaissent. L'étude ouvre des portes, des pistes, en suggère de complémentaires, comme je viens de le faire ici... elle ne donne malheureusement pas de solution. Il faut espérer qu'un jour, peut-être...

 

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Published by instantdinstants - dans Chronique des jours ordinaires
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