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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 18:24

http://www.paris-pittoresque.com/gravures/metiers/19.jpg

(Clochard Pont-Royal, vers 1898/1900, Eugène Atget)

 

Léon Deubel (Belfort, 1879 - Maison-Alfort, 1913) n'est certes pas le plus célèbre des poètes français quoiqu'il ait une place à son nom depuis 1930 dans le XVIème arrondissement de la capitale; douce revanche pour celui qui est souvent considéré comme le dernier des "poètes maudits".

 

Dans ce poème écrit, d'après l'auteur, à 3 h. du matin, Place du Carrousel, en 1900, il évoque sa situation précaire au sein de la capitale.

 

Seigneur! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure,
Les hommes m'ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m'ont pas reconnu
Parce que je suis pâle et parce que je pleure.


Je les aime pourtant comme c'était écrit
Et j'ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu'il n'est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu'il n'est pas de cœur qui entende mes cris.


Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle,
Il est bien vrai qu'ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s'ils ne m'ont pas aimé !

 

Seigneur ! j'étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute,
Je sens que son baiser m'est une pentecôte,
Et j'ai mené ma peine aux confins de sa dune.


Mais j'ai bien faim de pain, Seigneur ! et de baisers.
Un grand besoin d'amour me tourmente et m'obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l'auraient apaisé.


Le vol de l'heure émigré en des infinis sombres.
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L'aube indique les fûts dans la forêt de l'ombre.
Et c'est la Vie énorme encor qui recommence !

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 15:34

http://www.legionetrangere.fr/images/amicales/2014-04-11albert2.jpg

 

Que l'on se rassure, Son Altesse Sérénissime le Prince Albert de Monaco n'a pas encore perdu la tête et cela n'a pas trait non plus à sa passion pour les sports olympiques et le bobsleigh en particulier. Il s'agit plus simplement d'évoquer ici les apparitions officielles du Prince sur les timbres de la poste monégasque.

 

La toute première fois que Son Altesse, encore prince héritier figura sur un timbre de la Principauté, ce fut en 1958, l'année de sa naissance, dans les bras de la princesse Grace.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/1958/489.jpg

 

Puis, on le retrouve, à nouveau, en 1963, avec sa soeur Caroline, pour célébrer l'adoption de la Charte des Enfants par l'ONU.

 

http://i.ebayimg.com/00/s/MTA4OFgxMDkw/z/cLsAAMXQfvlSkACl/$_35.JPG

 

En 1966 - notons la précocité - le Prince s'envoie déjà en l'air avec ses soeurs et sa mère. C'est du joli !(Timbre de la Poste aérienne pour l'anniversaire de la Princesse Stéphanie)

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/Pa/85.jpg

 On le retrouve ensuite en 1979, pour ses 21 ans; l'occasion de rappeler qu'Albert de Monaco n'a pas toujours eu le cheveu rare.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/1979/1189.jpg

 

Il est, à nouveau, "timbrifié" entre 1981 et 1988, aux côtés du Prince Rainier, son père, avant qu'en 1989, Rainier ne réapparaisse seul pour le quarantième anniversaire de son avénement.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/1981/1282.jpg

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/Pa/100.jpg

 

Il réapparait, beaucoup plus dégarni déjà, en 1995 pour un timbre célébrant le trente-cinquième festival de télévision de Monaco.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/1995/1972.jpg

 

Ensuite, nous le retrouvons en 1998, aux côtés de son père, pour un timbre célébrant la fête nationale monégasque, le 19 novembre.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/1998/2153.jpg

 

En 2001, on semble l'apercevoir, toujours avec son père, à l'occasion de la trente-sixième Commission internationale pour l'exploration scientifique de la Méditerranée.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2001/2318.jpg

 

En 2005, au grand désespoir du Prince Charles d'Angleterre, Albert devient calife à la place du calife - bon, on ne peut pas dire que cette première série de timbres comme Altesse Sérénissime soit des plus réussies.

 

http://magicworld-future.com/magic/wp-content/uploads/commande/planche-timbre-33-effigies-prince-albert-ii-19-xi-2005-bleu.jpg

 

Du coup, l'année suivante, en 2006, on préfère le profil au portrait de face et la photographie en costume d'apparat.

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2006/2563.jpg

 

http://timbres.france.monde.free.fr/2bgal/img/Monaco%202006/Timbre%20MC056.06%20Monaco%201er%20Decembre%202006%20Bloc%20Monacophil%202006%20-%20SAS%20le%20Prince%20Albert%20II%20de%20Monaco.jpg

 

2008, Année polaire internationale, nous offre Albert en super-sportif de tous les temps, dans une vision assez "poutinesque" à vrai dire,

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2008/2654.jpg

avant de revenir à des versions plus classiques en 2009 (série courante + timbre MonacoPhil)

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2009/2718.jpg

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2009/2704.jpg

En 2011, Albert joue à la "Bonne paye" et... se marie !

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2011/2011-2788.jpg

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2011/2011-2790.jpg


En 2012, on renouvelle la série courante - Non, che n'est pas chanché ...

 

http://www.timbres-de-france.com/collection/MONACO/image_monaco/2013-2014/2852.jpg

 

En 2013, chouette, MonacoPhil, LE RETOUR !

 

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 19:48

http://bleu-pale.fr/wp-content/uploads/2012/01/faujour-e1400744793607.jpg

 

L'école n'échappe pas à la marchandisation générale de notre société et l'enjeu numérique semble aiguiser les appétits voraces de nombreux chefs d'entreprises, prêts à s'attribuer les juteuses parts de ce marché captif, avec la complicité plus ou moins active des acteurs du monde politique jusqu'aux plus hauts sommets de l'Etat.

 

Le nom de Déborah Elalouf ne vous dit rien; et pourtant...

Cette dame, chef d'entreprise d'une société appelée "Tralalère", conceptrice de contenus numériques éducatifs, a été aussi nommée, le 7 octobre 2013, chef de fil du projet "E-éducation".


Or, voici que l'on apprend, par un heureux hasard, que le projet Linum d'aide à la lecture via le numérique, dont "Tralalère" est chef de file et dont Madame Elalouf est la patronne, a été retenu le 17 octobre 2014, parmi les 10 projets qui bénéficieront, dans le cadre du plan "E-education", de subventions qui s'échelonnent de 625 000 à 1,1 millions d'euros, via un fond national géré par BpiFrance pour le compte de l'Etat, BpiFrance qui s'est déjà tragiquement illustré par son soutien financier au site Kartable, site de soutien au contenu indigent, qui a coûté 1,2 millions d'euros, et non-exempt de bourdes grotesques comme celle-ci: " Causette (sic) est un des personnages des Misérables".

 

Et Linum n'est pas le seul "service" rendu moyennant finances à l'Etat par "Tralalère" qui, dans la course au codage informatique à l'école, semble s'être aussi fait attribuer la réalisation de la "boîte à coder" pour écoliers. Etrange non ?

 

Autre fait étrange, n'est-ce pas Jean-Yves Heppe, chef d'entreprise d'Unowhy, qui, à côté de Déborah Elalouf, co-dirige le projet "E-éducation", qui s'est vu, lui aussi, attribuer une juteuse subvention pour sa tablette éducative TED ? Voila de quoi s'attribuer une excellente rente de situation, non ?

 

Pourtant, aucune étude sérieuse n'a jamais démontré le rôle de ces projets "innovants" dans les résultats scolaires, mais qu'importe... Il semble que, dans l'Education, contrairement à n'importe quelle entreprise privée, on soit prêt à investir des millions sans être certain du résultat, parce que les décideurs semblent être aussi ceux qui profitent le plus de la "poule aux oeufs d'or" et qu'ils semblent se rémunèrer ainsi eux-mêmes en faisant subventionner les projets de leurs propres entreprises par le contribuable, sans avoir de comptes à rendre.

 

Et si Cash Investigation enquêtait dans ces milieux pour lever les lièvres éventuels ?

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 20:30

http://www.lycezanne.fr/IMG/arton290.jpg

 

Ces derniers jours, l'actualité médiatique de l'Education n'a été occupée, sur nos antennes, que par des reportages anti-notes, vendant sans recul, ni critique, le "miracle" de l'évaluation par compétences.

On se dit pourtant que, pour faire réussir les élèves, s'il suffisait de supprimer les notes, on l'aurait déjà fait depuis longtemps, mais bon...

Puis pourquoi des reportages surtout en école primaire où le prof ne suit qu'une seule classe et pas dans un collège où un prof, en d'histoire par exemple, doit en suivre six différentes (160 à 170 élèves) ?


Surtout, plus grave, peut-être, ces mêmes JT ont oublié de donner à leurs téléspectateurs les résultats de la consultation des professionnels de l'Education sur le nouveau socle de compétences, de connaissances et de culture qui est pourtant très central dans un système où les notes disparaîtraient complétement.

Peut-être n'ont-ils pas voulu lire les 146 pages du rapport que l'on trouve ici, mais ils auraient au moins pu s'informer à partir du bref résumé du rapport fait par la Commission et que l'on peut retrouver ici.

 

Mais peut-être, ce silence est-il voulu de leur part, car ce qui ressort surtout de la consultation, comme vous pouvez le lire, ce sont les doutes et le scepticisme des professionnels de l'Education sur le nouveau socle jugé, somme toute, bien peu concret, pas toujours réaliste dans ses attentes, et très flou sur les nouvelles façons dont on pourrait évaluer les élèves. Hé oui, ça ne colle pas vraiment avec leurs reportages de propagande enthousiastes qu'ils nous diffusent sans cesse. On comprend alors leur silence.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 15:54

Luigi Cherubini (1760 - 1842), fut, en son temps, un des maîtres adulés de la musique italienne. Il s'installa à Paris en 1787 et y fut couvert d'honneurs avant de finir directeur du Conservatoire de 1822 à 1842.

En 1815, il composa un requiem qui fut exécuté le 21 janvier 1816 à la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Ce requiem, auquel on ajouta une marche funèbre et un motet (In Paradisum) fut aussi joué pour les funérailles du duc de Berry, fils du comte d'Artois (futur Charles X), assassiné en 1820.

 

 


 

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 13:59

http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2014/10/valeurs-actuelles-najat-ayatollah.jpg

 

Jeudi 4 décembre ont pris fin, dans toute la fonction publique, et notamment dans l'Education, les élections professionnelles destinées à renouveler nos représentants dans les différentes instances nationales et académiques. Quel bilan en tirer ?

 

Par rapport aux dernières élections, les résultats montrent la montée d'une contestation plus radicale des politiques éducatives portées par l'actuelle ministre et de ses choix très controversés en faveur de la fin des notes à l'école au profit de compétences pas plus égalitaires, de la suppression des SEGPA (ex CPPN), de la fermeture d'un certain nombre de REP (ex ZEP) et de la suppression du doublement remplacé par tout une série d'aides aussi vagues qu'imprécises et dépendant des moyens attribués à chaque établissement (plus vous avez un établissement avec des CSP favorisées, plus vos élèves défavorisés ont moins de chance de recevoir d'enveloppe financière destinée à dégager des heures pour les aider) - et en période de restrictions budgétaires, tout le monde aura compris que toutes ces mesures visent moins à aider les élèves à réussir qu'à faire surtout des économies, malgré les divers prétextes avancés.

 

Si l'UNSA (ex-Fen), proche du parti socialiste et ultra-favorable à ces vieilles lunes pédagogistes qui n'ont jamais fait leurs preuves, a maintenu ses positions et sa deuxième place, malgré un léger recul de l'autre syndicat proche de ses idées, le SGEN-CFDT, par contre le SNES-FSU, qui reste majoritaire et premier syndicat enseignant, a perdu près de 5 % des voix à cause d'un positionnement de moins en moins clair et d'une collaboration de plus en plus accrue, même si elle n'est pas avouée officiellement, à ces politiques massivement rejetées.

Légitimement, les enseignants, lassés que le SNES les prenne pour des c..., l'ont sanctionné et reporté leur choix vers des syndicats plus radicaux et plus hostiles à la ministre et à ses conceptions pédagogistes: FO et le SNALC.


Les résultats sont donc, sans contestation possible, un obstacle supplémentaire pour la ministre et une expression de la colère montante des profs contre Vallaud-Belkacem et contre le premier syndicat enseignant auquel un message d'opposition plus net et plus ferme est demandé.

D'ailleurs, l'attitude de la ministre, cassante, autoritaire, peu respectueuse de la démocratie - au point que le Conseil d'Etat a été saisi d'une plainte par le SNALC récemment - , au style totalement à rebours des politiques éducatives qu'elle préconise (concertation, discussion, pédagogie, évaluation positive), ce qui n'est pas le moindre des paradoxes, n'a fait que crisper un peu plus des relations déjà très tendues entre le ministère et les profs et n'est peut-être pas étrangère aux résultats de ces élections.


D'autre part, ces mêmes résultats montrent une fracture de plus en plus grande entre la base professorale qui vient d'exprimer par les urnes la montée d'une certaine colère, et ceux qui les dirigent car les instances représentatives des chefs d'établissements, des Inspecteurs d'Académie et des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux, ont vu s'exprimer un vote ultra-massif en faveur de l'UNSA, proche du Parti socialiste et auquel, que le ministre soit de gauche ou de droite, sont aussi affiliés la très grande majorité des conseillers du ministère et notamment ceux qui peuplent la DGESCO (Direction GEnérale à l'Enseignement Scolaire).

C'est peut-être d'ailleurs là la cause principale de l'échec de l'Education nationale: des ministres trop soumis, trop inféodés à une DGESCO de plus en plus déconnectée des réalités du terrain et de plus en plus décalée par rapport à une base professorale de moins en moins socialiste et de plus en plus désillusionnée par les échecs répétitifs des politiques "novatrices" préconisées, avec toujours de moins en moins de moyens et de plus en plus d'élèves par classes.


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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 14:01

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L'insolite du jour est destiné à certains de mes lecteurs passionnés par l'art culinaire et vise à leur faire connaître une spécialité locale peu connue: la moutarde de Reims.

 

On le sait peu, mais la moutarde a longtemps été abondamment cultivée en Champagne jusqu'au XIXème S., notamment en Haute-Marne et dans la région de Langres.

Cette culture avait entraîné l'essor d'un certain nombre de vinaigreries et de moutarderies, comme par exemple à Reims et à Chalons-sur-Marne, qui rivalisèrent avec Dijon, jusqu'à ce que l'abandon de cette culture et la fermeture des vinaigreries, à la fin du XIXème et au début du XXème, ne vienne mettre fin à l'abondante production de moutarde de Reims.

 

Aujourd'hui, seule la fabrique Charbonneaux-Brabant, qui existe depuis 1797, continue à fabriquer et à commercialiser le vinaigre et la moutarde de Reims sous la marque Clovis.

 

Cette moutarde de Reims (il en existe aussi une version à l'ancienne), dont les graines sont aujourd'hui originaires du Canada, est une moutarde brune, de couleur jaune paille prononcée, élaborée à partir du vinaigre de vin blanc de Champagne et de vins de dégorgement issus de la fabrication du Champagne, ce qui explique son goût légèrement vinique qui convient aussi bien à l'assaisonnement des viandes qu'à la réalisation de sauces vinaigrées.


 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 16:42

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(Mary Curtis Lee en 1914)

 

L'insolite du jour nous vient des Etats-Unis.

Le 13 juin 1902, une vieille femme blanche de 67 ans, accompagnée d'une domestique noire et de lourds bagages, monte dans un tramway d'Alexandria et s'installe dans le compartiment réservé aux personnes de couleurs.

Invitée par deux fois, par le chauffeur, à gagner les places réservées aux blancs, puisqu'une récente loi impose la ségrégation raciale dans les transports en commun de Virginie, elle refuse catégoriquement et est arrêtée quelques stations plus loin.

Cet incident n'aurait pourtant rien que de très banal - il valut à la vieille femme en question d'être condamnée à payer une amende -, si elle ne s'était appelée Mary Curtis Lee et n'avait été l'une des filles du célèbre général confédéré Robert Edward Lee, ce qui lui donna une certaine audience au point qu'elle reçut ensuite des lettres de félicitations pour son geste qui fut interprété par certains comme une prise de position contre la ségrégation raciale.

Pourtant, encore aujourd'hui, on ne sait pas quelles furent les raisons qui ont motivé son geste car l'intéressée ne s'est jamais vraiment expliquée à ce sujet: Méconnaissance des lois, comme il a été dit à l'époque ? Habitude de voyager avec sa domestique ? Volonté de ne pas gêner les autres avec ses encombrants bagages ou volonté de défier la loi ?

Peut-être un peu de tout cela à la fois. Une de ses biographes évoque aussi une hypothèse fort valable, l'idée que la vieille femme ayant l'habitude de vivre au milieu des noirs comme aux temps de l'esclavage a préféré ignorer une loi qui dérangeait ses habitudes, tout simplement.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 15:37

Ecoutez les choeurs du Casta diva, l'air célèbre de la Norma de Vincenzo Bellini (1831), vous y reconnaîtrez sans doute un air qui vous dira peut-être quelque chose et pour cause, puisqu'il a été "plagié" en 1977 pour servir de refrain musical à l'une des plus célèbres chansons de Mireille Mathieu. Etonnant, non ?

 

- Casta Diva, par Maria Callas, 1958

 

 


 

 

- Mille colombes, Mireille Mathieu, 1977

 

 


 
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 15:56

http://img.groundspeak.com/waymarking/a3617adf-baf8-427e-94ba-7b4804fbf1ae.jpg

(Statue d'Abraham Lincoln à Cincinnati, Ohio)

 

- Les origines

 

Parce qu'Abraham Lincoln, fils de Thomas Lincoln et de Nancy Hanks, est né, le 12 février 1809, dans une cabane en rondins de bois près d'Hogdenville, comté de Hardin, au Kentucky, que son père était illettré, qu'il n'a fréquenté l'école que de manière très épisodique, et que tous les deux ont exercé presque tous les métiers possibles et imaginables que l'on puisse trouver sur la Frontière, on a souvent eu tendance à croire que les Lincoln avaient été des gens qui avaient vécu dans la misère la plus noire.

Or, acquérir des terres dans l'Ouest restait à l'époque (et jusqu'au Homestead Act de 1862), relativement cher et n'était donc pas à la portée de tous.

En réalité, Thomas Lincoln était lui-même fils d'un important propriétaire à la tête de 2 200 hectares de terre et, bien qu'il ne fut pas l'aîné de la famille, à une époque où le droit d'aînesse était encore en vigueur au Kentucky, il avait pu acquérir néanmoins le statut d'un notable moyen servant dans la milice locale et siègeant à l'occasion comme juré dans les juridictions locales, et s'acheter une centaine d'hectares.

De même, lorsqu'en 1819, il épouse Sarah Bush Johnston, après le décès de sa première épouse, victime d'une intoxication liée à la consommation de lait de vache contaminé par l'ingestion d'une plante vénéneuse, la serpentaire blanche, c'est lui qui règla les quelques dettes de sa nouvelle femme.

Cependant, il n'en reste pas moins vrai que les Lincoln ont traversé une passe difficile durant les années 1815 - 1820 quand Thomas Lincoln a fui le Kentucky après que son droit de propriété sur les trois terres qu'il avait successivement achetées eurent été contestés et qu'il eut rejoint une branche très rigoriste de l'Eglise baptiste qui professait une morale stricte rejettant la danse, les courses de chevaux, l'ivrognerie et... l'esclavage.

Ils trouvèrent alors refuge dans le sud de l'Indiana, sur une terre appelée "Little Pigeon Creek" où les conditions de vie semblent avoir été particulièrement peu reluisantes et où périt Nancy Hanks, la mère d'Abraham, en 1816.

 

- Enfance et adolescence

On a souvent dit d'Abraham Lincoln qu'il était un homme qui s'était fait lui-même. Rien de plus exact que cette affirmation et, comme l'a noté fort justement l'un de ses biographes, le plus extraordinaire n'est pas que Lincoln soit né dans une cabane en rondins, mais qu'il en soit sorti.

En effet, on ne sait pour quelle raison, cet enfant qui finit par devenir une "grande asperge" d'un mètre quatre-vingt douze à l'âge adulte, développa très tôt un goût particulier pour la méditation solitaire, la mélancolie, la lecture et l'écriture, mais l'on sait que sa belle-mère, illettrée mais convaincue des bienfaits de l'instruction, et contre l'avis de son mari, fit tout pour que l'ensemble des enfants du foyer Lincoln fréquentâssent l'école, même de manière épisodique.

C'est ainsi qu'Abraham acquit un rudiment d'instruction qui lui permit peu à peu de développer ses connaissances, d'améliorer son écriture, et de devenir, au fil du temps, une sorte d'écrivain public pour ses voisins. Il commença aussi à écrire des poèmes et, comme tous les hommes de la Frontière - peut-être pour échapper à la mélancolie qui le tenaillait souvent - il ne dédaignait pas d'écrire et conter, pour une assemblée plus ou moins vaste, des histoires cocasses, parfois plus ou moins grasses.

D'autre part, en 1828 - il n'a alors que dix-sept ans - , Abraham participa à une aventure au long cours: il accompagna un négociant local et son fils jusqu'à La Nouvelle-Orléans, à 1 500 km de là, par l'Ohio et le Mississippi, pour y vendre du blé et de la viande. Il y gagna 24 dollars pour une voyage qui dura trois mois.

 

- L'installation en Illinois

En 1830, son père et sa belle-mère décidèrent de quitter l'Indiana pour s'installer sur des terres plus fertiles traversées par la rivière Sangamon, près de Decatur (un village à l'époque), dans le comté de Mâcon, en Illinois.

Abraham se vit alors proposer par un autre homme d'affaire local, de tenter à nouveau le voyage vers La Nouvelle-Orléans, en compagnie d'un de ses cousins, John Hanks et de l'un de son demi-frère, John D. Johnston.

Au retour, il décida de voler de ses propres ailes et s'installa à New Salem, un bourg aujourd'hui disparu, qui se trouvait à une trentaine de km au nord-ouest de Springfield. New Salem était alors un lieu de négoce où vivaient surtout une population composée d'artisans et de commerçants. Abraham finit par y devenir employé de magasin, utilisa ses loisirs à lire tout ce qui lui tombait sous la main (journaux, livres de grammaire, poèsie pour laquelle il devait marquer une véritable prédilection, oeuvres de Shakespeare, Le Siècle de la raison de Thomas Paine...) et commença à prendre part aux réunions d'une société de pensée dirigée par James Rutledge, le meunier local, et à laquelle participaient des gens d'origines diverses, dont le docteur John Allen, ancien étudiant de Darthmouth College, Jack Kelso, passionné de poèsie, ou Mentor Graham, directeur de l'école locale.

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