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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 17:09

http://www.clg-st-exupery-vlb.ac-versailles.fr/sites/www.clg-st-exupery-vlb.ac-versailles.fr/IMG/bmp/Shadok.bmp

 

Nous étions invités, ce mercredi 15, à nous pencher, après avoir donné notre avis individuellement via notre boîte courriel professionnelle - un très long pensum aux questions parfois mal posées, répétitives et pleines de chausse-trappes - , sur le projet de nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture destiné à remplacer le socle actuel dont le rejet par les familles aussi bien que par le corps professoral ne pouvait plus être masqué.

Mais, si nous avons consciencieusement rempli le questionnaire fourni par la Principale, ne nous leurrons pas, nous savons très bien que toutes ces consultations finiront au panier, sans même avoir été lues. Le seul but de la manoeuvre, c'est de permettre au ministère de faire croire à l'opinion publique et aux professeurs, que le texte final, qui est déjà prêt, a été approuvé et demandé par les profs eux-mêmes.

 

En vérité, qu'avons-nous dit de ce socle ?

Tout d'abord, nous avons été unanimes pour dire qu'il était bien trop général, trop ambitieux et parfois peu adapté aux capacités intellectuelles d'un élève de collège, fût-il en Troisième. Nous avons d'ailleurs demandé une mise en place d'une réelle progressivité, avec des objectifs clairs, précis, réalisables et une définition, par année scolaire et par discipline - et non par cycle -, de ce qu'un élève doit réellement savoir maîtriser pour passer en classe supérieure.

L'idée, du reste, a peu de chance de voir le jour puisqu'au contraire, après le Collège unique en 1975, le ministère cherche à créer l'Ecole unique, avec un seul corps de professeurs de la maternelle à la Troisième, polyvalent, capable de tout enseigner et d'enseigner indifféremment en maternelle, en primaire et au collège, des compétences "transversales", comme si savoir lire en français et en histoire signifiait la même chose.

L'idée, c'est de faire des économies en primarisant le collège pour confier l'enseignement à des non-spécialistes interchangeables et déplaçables (de moins en moins profs et de plus en plus animateurs de colos) en fonction des postes et des besoins - une gestion purement comptable et déshumanisée - avec un risque majeur, celui de scléroser le savoir parce que seul un spécialiste se tient au courant des avancées et des évolutions de la discipline qu'il enseigne et peut corriger des idées fausses parfois massivement répandues dans le public (ex. l'idée fausse selon laquelle les pantalons garance seraient responsables d'une surmortalité des soldats français en 1914, surmortalité qui n'existe pas en réalité).

Enfin, nous nous sommes interrogés sur le domaine le plus étrange: "Les outils pour apprendre", un domaine qui consiste à expliquer aux élèves qu'apprendre, c'est savoir uniquement chercher et sélectionner des informations sur le net. L'idée que quelques clics peuvent remplacer le moindre apprentissage intellectuel laisse tout de même bien perplexe, car si le savoir et la connaissance sont disponibles - en partie - sur le net, c'est bien parce qu'un jour des gens ont fait l'effort d'apprendre. Imagine-t-on demain des comédiens qui n'apprendraient plus leur texte sous prétexte qu'il suffit de quelques clics pour le trouver, et qui, munis sur scène de tablettes numériques, réciteraient ce qu'ils auraient sous les yeux ? C'est pourtant bien le nouveau credo du ministère pour l'école de demain.

Par ailleurs, si les neufs points sur l'évaluation nous sont apparus interressants sur le principe, nous n'avons pu réellement nous prononcer, faute d'exemple précis et concret de ce que cela pourrait donner.

Car, c'est bien le problème avec ce socle, comme avec l'ancien, on a l'impression qu'on a mis, encore une fois, la charrue avant les boeufs.


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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 21:09

Expression souvent utilisée pour désigner l'armée française, tant par l'interdiction qui lui est faite de faire grève, que par celle qui lui a longtemps été faite de disposer de syndicats pour permettre à ses personnels de se défendre et de défendre leurs intérêts (la Cour Européenne des Droits de l'Homme vient enfin de condamner cette restriction) ou celle qui lui interdisait de voter jusqu'en 1945, elle pourrait tout aussi bien s'appliquer à l'ensemble des administrations françaises et à l'ensemble de ses fonctionnaires et personnels placés sous la férule du "devoir de réserve", véritable chape de plomb bien pratique quand il s'agit d'obliger quelqu'un à "fermer sa gueule" sur certaines pratiques douteuses, voire illégale et d'étouffer certains scandales.

Prenez l'Education Nationale.

Par exemple, que vous n'entendrez jamais parler du scandale des Foyers Socio-Educatifs, ces structures "loi 1901" qu'abritent les établissements scolaires pour mettre en place des activités périscolaires via un financement qui repose en partie sur les cotisations des élèves: en principe facultatives, elles sont souvent imposées de façon subtile et tout aussi illégales ("Si tu veux obtenir une réduc' pour le voyage trucmuche en Angleterre, tu dois cotiser") et ne servent pas qu'à financer des activités périscolaires. J'ai connu des établissements où la caisse servait même à financer le déficit de la machine à café de la salle des profs ou à payer des palmes académiques. Personne ne sait non plus que, fonctionnant sur la base du volontariat et du bénévolat, certains collègues reçoivent un backchich, pris sur la dotation des heures supplémentaires qui, normalement, devraient servir à financer des activités scolaires, pour rémunérer leur "bénévolat".

Vous n'entendrez pas non plus parler de ce collège où la secrétaire qui était aussi la trésorière de l'Association Sportive (AS), confondait ses comptes personnels et ceux de sa famille avec ceux de l'AS et y faisait virer, tous les ans, les sommes récoltées par le loto du collège. Malgré les plaintes déposées, malgré l'enquête, le Procureur de la République a étouffé l'affaire sur ordre pour ne pas compromettre certaines carrières (en effet, les présidents d'AS sont, de par la loi, les chefs d'établissement).

Vous n'entendrez pas davantage parler de ce prof qui utilisait le PC portable du collège à des fins personnelles et y enregistrait ses sextapes. C'est un de ses collègues qui, par hasard, est tombé sur les vidéos et a alerté le chef d'établissement parce que ce portable était utilisé couramment en cours et parfois manipulé par des élèves. Là aussi, l'affaire a été étouffée: le chef s'est contenté de demander l'effacement des vidéos en question sans qu'aucune sanction ne soit prise. Mieux, ce type est passé à la hors-classe sans attendre le 11ème échelon de la classe normale et se retrouve même au Conseil d'administration.

Vous n'entendrez pas non plus parler de ces recteurs qui font changer voitures de fonction et déco quand ils prennent leurs fonctions ou qui "embarquent" les meubles payés aux frais du contribuable, voire la cave à vins, quand ils quittent leur poste.

Ce ne sont là que quelques exemples de dérives hélas courantes, mais que le devoir de réserve oblige à taire ou à ne parler, comme ici, qu'en ne citant aucun nom, aucun établissement, sous peine de risquer gros.

Tant que le devoir de réserve existera, il sera un moyen de pression utilisé par l'adminisration pour cacher ses propres frasques et laisser perdurer des abus.

Certes, il y a bien un devoir de désobéissance quand un ordre parait manifestement illégal, mais, dans les faits, celui ou celle qui s'amuserait à en user, risquerait gros là aussi.

Le silence règne donc dans les rangs de la Grande Muette fonctionnaire.

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 14:37

http://television.telerama.fr/tele/visuels.php/18594381/

 

On ne peut vraiment pas dire que la décision de France2 de pousuivre la série "Les Petits Meurtres d'Agatha Christie" avec de nouveaux acteurs après le départ d'Antoine Duléry (commissaire Larosière) et de Marius Colucci (inspecteur Lampion) et de la transposer des années Trente aux années Cinquante, aient été la plus brillante idée qui soit.

Autant la série, pleine d'humour, était plaisante à regarder avec le duo Duléry/Colucci, autant, malgré plusieurs épisodes, elle est devenue une espèce de chose informe et surtout pas drôle du tout dans ses nouveaux habits et ses nouveaux acteurs: Samuel Labarthe (commissaire Swan Laurence) y est raide comme un  piquet, Elodie Frenck (Marlène), la secrétaire, fausse blonde idiote, doublure de Marilyn et de Dietrich, en devient insultante pour les blondes tellement la caricature tombe à plat et Blandine Bellavoir (Alice Avril), la journaliste de la Voix du Nord, semble comme s'être trompée d'époque, confondant années 1970 et années 50.

Du coup, le jeu entre acteurs ne prend pas, les violons ne s'accordent pas, les situations sont trop souvent guindées ou irréalistes, l'ensemble y perd en qualité et en densité. Il est a souhaiter que France2, soit décide d'arrêter définitivement la série, soit de renouveler entièrement l'équipe d'acteurs et de revenir au concept qui a fait le succès de la première saison.


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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 22:01

 


 

 

 

Il y a quelques jours (grâce à Google, il faut bien le dire), nous apprenions qu'il y a 40 ans, avait lieu la première diffusion de Casimir à la télévision. L'information qui se voulait à la fois "clin d'oeil", nostalgie et expression d'une certaine reconnaissance, m'a pourtant semblé d'une terrible actualité en cette époque où il n'est question que de rythmes scolaires et d'élèves qu'il s'agirait de faire travailler plus et plus longtemps pour moins les fatiguer: un concept qui m'échappe un peu puisqu'on se fatigue parfois autant, voire plus, à se dépenser dans X activités périscolaires, me semble-t-il.


Il y a 40 ans, la réflexion était tout autre. On pensait, au contraire, qu'il fallait donner aux enfants des temps de repos salvateurs pour qu'ils aient le loisir de se ressourcer, de souffler, de se dépenser à jouer, à s'amuser, à se faire plaisir... bref, de s'aérer les neurones. La télévision y avait son rôle à jouer: le soir, par exemple, il y avait toujours des programmes qui leurs étaient destinés (Casimir, Récré A2, Il était une fois l'homme, Ulysse31 ...) et, le mercredi après-midi leur était entièrement consacré avec des émissions comme les Visiteurs du Mercredi puis les Récré A2. Les vacances aussi donnaient droit à des émissions jeunesse spéciales, comme celles de Claude Pierrard.


Aujourd'hui, tout cela est bien fini: "le temps des enfants" a disparu du devant de la scène et a été souvent relégué aux matins, après avoir rendu son dernier souffle avec les dessins animés et séries asiatiques ultra-violentes qui lui ont porté le coup de grâce car faire du fric est aujourd'hui bien plus important pour les patrons de chaînes, fussent-elles publiques, que de penser à distraire et éduquer les enfants, tout en leur offrant de temps de repos salvateurs.

Mais qui sait si le stress, l'agitation permanente, l'ultra-violence des enfants parfois, ne viennent pas tout simplement de ce temps que la société toute entière semble dénier aux enfants auxquels on semble ne plus vouloir permettre ni le calme, ni le repos, ni le temps de vivre, comme s'ils devaient toujours vivre à cent à l'heure, s'agiter, s'énerver, bouger en diverses activités qui ne font que copier le monde des adultes, comme si l'enfant n'était qu'un adulte en miniature ? Et quand je vois que, désormais, dans certaines écoles maternelles, les gamins ont des cartables, je commence à me poser vraiment des questions .


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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 20:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8e/Jean_Jaur%C3%A8s,_1904,_by_Nadar.jpg

 

Le 31 juillet 1914, paraissait dans l'Humanité, ce qui serait le dernier édito de Jaurès puisque chacun sait quel tragique destin l'attendait ce même 31 juillet.

Paru sous le titre "Sang-Froid Nécessaire", il semblait croire encore en une entente et une paix possibles entre les Etats en conflit, appelait les peuples et les gouvernements au calme et à la raison en évoquant les affres de la guerre, et croire en la capacité des leaders socialistes à éveiller suffisamment la conscience des masses ouvrières pour qu'elle pèse en faveur de la paix.

 

 

" Que l’on mette si l’on veut les choses au pire, qu’on prenne en vue des plus formidables hypothèses les précautions nécessaires, mais de grâce qu’on garde partout la lucidité de l’esprit et la fermeté de raison. A en juger par tous les éléments connus, il ne semble pas que la situation internationale soit désespérée. Elle est grave à coup sûr, mais toute chance d’arrangement pacifique n’a pas disparu. D’une part il est évident que si l’Allemagne avait eu le dessein de nous attaquer, elle aurait procédé selon la fameuse attaque brusquée. Elle a au contraire laissé passer les jours et la France comme la Russie ont pu mettre à profit ce délai, l’une, la Russie, pour procéder à une mobilisation partielle, l’autre, la France, pour prendre toutes les précautions compatibles avec le maintien de la paix.

 

D’autre part, l’Autriche et la Russie sont entrées en négociations directes. La Russie demande à l’Autriche quel traitement elle réserve à la Serbie. L’Autriche a répondu qu’elle respecterait « son intégrité territoriale ». La Russie estime que ce n’est pas assez, qu’il faut en outre que « les droits de souveraineté de la Serbie soient garantis ».

 

La conversation est engagée. Même si un désaccord se précise entre les vues de l’Autriche et celles de la Russie, on pourra mesurer l’écart des idées et s’employer à la solution d’un problème dont les données seront déterminées. C’est alors, semble-t-il, que pourra intervenir cette pensée médiatrice de l’Angleterre qui cherche sa forme, ses moyens d’expression, mais qui finira bien par prévaloir, car elle répond au sentiment profond des peuples, et sans doute au désir même des gouvernements qui sentent monter en eux, comme un châtiment, ce péril de guerre avec lequel un moment ils avaient cru jouer comme avec un instrument diplomatique.

 

Et si l’on juge de ce que serait la guerre elle-même et des effets qu’elle produirait par la panique, les sinistres rumeurs, les embarras économiques, les difficultés monétaires et les désastres financiers que déchaîne la seule possibilité du conflit, si l’on songe que dès maintenant il faut ajourner les règlements d’échéance et se préparer à décréter le cours forcé des billets de banque, on se demande si les plus fous ou les plus scélérats des hommes sont capables d’ouvrir une pareille crise.

 

Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. Il n’est même pas dans les dispositions réelles des chancelleries si coupables qu’elles puissent être ; il n’est pas dans la volonté réelle des peuples ; il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. A ces paniques folles les foules peuvent céder et il n’est pas sûr que les gouvernements n’y cèdent pas. Ils passent leur temps (délicieux emploi) à s’effrayer les uns les autres et à se rassurer les uns les autres. Et cela, qu’on ne s’y trompe pas, peut durer des semaines. Ceux qui s’imaginent que la crise diplomatique peut être et doit être résolue en quelques jours se trompent. De même que les batailles de la guerre moderne, se développant sur un front immense, durent sept ou huit jours, de même les batailles diplomatiques, mettant maintenant en jeu toute une Europe et un appareil formidable et multiple de nations puissantes, s’étendent nécessairement sur plusieurs semaines. Pour résister à l’épreuve, il faut aux hommes des nerfs d’acier ou plutôt il leur faut une raison ferme, claire et calme. C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître de soi, refouler les paniques, dominer les énervements et surveiller la marche des hommes et des choses, pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre.

 

Le péril est grand, mais il n’est pas invincible si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous savons avoir à la fois l’héroïsme de la patience et l’héroïsme de l’action. La vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir.

 

Tous les militants socialistes inscrits à la Fédération de la Seine sont convoqué dimanche matin, salle Wagram, à une réunion où sera exposée la situation internationale, où sera définie l’action que l’Internationale attend de nous. Des réunions multipliées tiendront en action la pensée et la volonté du prolétariat et prépareront la manifestation assurément magnifique qui préludera aux travaux du Congrès international. Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrières. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir ".

 

Jean Jaurès, l'Humanité du 31 juillet 1914

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 21:06

http://img15.hostingpics.net/pics/290534letrounormand.jpg

 

Il ne resterait vraisemblablement rien aujourd'hui de ce film mineur de 1952 avec Jean Boyer aux manettes et au scénario improbable (un simple d'esprit qui doit retourner à l'école pour passer son certificat d'étude afin d'hériter de l'auberge du Trou Normand), malgré Bourvil en vedette, les débuts de Brigitte Bardot à l'écran, Roger Pierre dont on découvre qu'il a été jeune un jour, et la présence d'excellents seconds rôles du cinéma français (Noël Roquevert, Pierre Larquey, Jeanne Fusier-Gir, Jane Marken), s'il ne transportait avec lui un léger parfum de nostalgie d'un pays au charme éternel, sorti de la guerre depuis seulement sept ans à peine, qui a repris le cours de son existence normale.

 

Courteville en 1952 (ou plutôt La Vieille-Lyre et La Neuve-Lyre, dans l'Eure), ses voitures du temps où les voitures avaient encore de l'allure et faisaient rêver, sa campagne verdoyante que les lotissements modernes n'ont pas encore défigurée, ses petits commerçants qui n'ont pas encore été éradiqués par les grandes surfaces... sont un peu comme une petite madeleine que l'on déguste en regrettant que la machine à remonter le temps n'existe pas.

 

 

 

 

 

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:53

http://clio-cr.clionautes.org/IMG/jpg/bord.jpg

 

Parmi les nombreuses publications plus ou moins heureuses qui ont lieu dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, en voici une que je recommande tout particulièrement pour plusieurs raisons:


- l'ouvrage essaye de mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il y a à connaître de ce conflit, tout en essayant d'en renouveler l'approche au regard des dernières avancées historiographiques (de quoi se remettre à niveau et corriger certaines idées reçues),

 - il embrasse un espace géographique très large afin de montrer les différents aspects du conflit sur l'ensemble du globe,

 - il discute en les mettant en perspective, certains points comme celui de la "brutalisation" des sociétés qu'aurait provoquée la Grande Guerre, celui de "guerre totale" qui lui est parfois appliquée ou celui de "course aux armements" qui, en fait, s'applique surtout aux marines plus qu'à l'infanterie.

 

Si vous cherchez un ouvrage assez complet, facile à lire, intéressant et au fait des dernières avancées historiographiques, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage de François Cochet.

 

Autres ouvrages consacrés à la Première Guerre déjà commentés ici:


- La Première Guerre mondiale - tome 1 (sous la direction de Jay Winter)

- La Première Guerre mondiale - tome 2 (même direction)


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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:54

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/eb/Com%C3%A9die_Fran%C3%A7aise_colonnes.jpg/1280px-Com%C3%A9die_Fran%C3%A7aise_colonnes.jpg

 

Dans le numéro du 15 janvier 1915 de la Revue des deux mondes, le journaliste et critique de théâtre, René Doumic, par ailleurs académicien, consacre un article à la réouverture des théâtres qui étaient restés fermés depuis août 1914.

Après le constat de départ et un discours très convenu sur les raisons morales de cette suspension, et avant un très très long exposé sur les vertus du théâtre de Corneille, il nous livre les difficultés matérielles auxquelles les théâtres furent, en réalité, confrontés avant de conclure sur des signes d'espoir.

 

" La déclaration de guerre avait eu pour effet immédiat de fermer les quelques scènes parisiennes qui continuent à donner des représentations en été. Depuis lors, la guerre s'est prolongée, beaucoup de ceux qui avaient quitté Paris y sont rentrés, tout le monde a fait un louable effort pour reprendre, dans la mesure du possible, son activité ordinaire. Les théâtres ont été autorisés à rouvrir, sous le contrôle de deux ou trois censeurs. Ils ont été à peu près unanimes à ne faire de la permission qui leur été octroyée aucun usage. Ni le Vaudeville, ni le Gymnase, ni aucun des théâtres de genre classés n'en ont profité. Des deux théâtres de déclamation subventionnés, seule la Comédie-Française a, non pas ouvert, mais entr'ouvert ses portes. Ici ou là on annonce une série de représentations sans lendemain. Ailleurs, on organise des matinées dites nationales, avec récitations et allocutions patriotiques. Ailleurs, on donne, au bénéfice de quelque oeuvre de secours militaire ou d'assistance sociale, des spectacles coupés. En somme, un minimum de vie théâtrale. Et c'est encore un des aspects particuliers à cette guerre qui ne ressemble à aucune autre (...): pour la première fois nous assistons au chomâge à peu près complet de nos théâtres.


Suit alors l'exposé des causes morales, puis

 

D'autre part, le théâtre est étroitement dépendant des sujétions matérielles. La moindre représentation exige non seulement une troupe d'acteurs exercés, mais tout un bataillon de comparses, figurans (sic), machinistes, accessoiristes, électriciens. La plupart ont été mobilisés: il ne reste que des équipes désorganisées, réduites aux élémens (sic) les moins jeunes et les moins actifs. Avec le développement qu'a pris la mise en scène, depuis quelques temps, l'industrie du théâtre est devenue très coûteuse, et chaque soirée entraîne des frais considérables: le directeur ne se soucie pas d'engager des dépenses qu'il n'est nullement assuré de couvrir. Quant aux spectateurs, dont les revenus sont diminués, et qui ont déjà beaucoup de peine à faire face aux dépenses de première nécessité, ils hésitent à grever encore leur budget, en y ajoutant des dépenses de luxe; et on sait quels prix, d'ailleurs insensés, avaient atteints aux dernières nouvelles les places de théâtre. Ajoutez que, le soir, les rues sont à peine éclairées et les moyens de communication font complètement défaut. Les autobus sont partis, pour servir au ravitaillement des troupes; il paraît même qu'ils s'acquittent de cette fonction à ravir et qu'ils y ont trouvé l'emploi qui leur convient le mieux. Les taxis-autos ont été, pour la plupart, réquisitionnés. Les fiacres eux-mêmes manquent de chevaux. Ni tramways ni métro ne marchent à l'heure de sortie des théâtres. Plutôt que de traverser, à pied, un Paris plongé dans l'obscurité, on préfère rester chez soi. C'est pourquoi tout se réduit à quelques matinées où le public, - qui s'y presse, - est composé, en majeure partie de jeunes gens. Dans ces matinées, - je songe surtout à celles de la Comédie-Française, - les seules pièces qu'on se soit aventuré à donner sont celles qui, du Cid à la Fille de Roland, représentent chez nous la tradition du drame héroïque. On les a écoutées avec ferveur, on les a acclamées. Les vieux chefs-d'oeuvre ont été au coeur des Français d'aujourd'hui, qui y reconnaissaient leurs propres sentimens (sic): le spectacle étant dans la salle, autant que sur la scène.


(...)


Les théâtres devront-ils en rester là ? Je ne le crois pas. On nous a déjà fait savoir que le gouvernement s'est préoccupé d'assigner à M. Albert Carré un poste qui lui permît de concilier son devoir militaire avec l'administration de la Comédie-Française. (...) Il est nécessaire en effet de donner aux esprits un peu de détente. (...) Puisque nous avons encore devant nous de longs jours d'épreuves et puisqu'il nous faut faire provision de courage et de patience, le meilleur moyen n'est-il pas d'offrir à l'imagination quelque aliment ? Le besoin s'en fait sentir dans toutes les classes sociales et plus particulièrement dans le peuple. Pourquoi n'organiserait-on pas pour lui des représentations à bon marché ?Nous en profiterions tous. Le théâtre est devenu trop dépendant des luxueuses mises en scène; il s'encombre et s'embarrasse de toute sorte d'accessoires inutiles qui entravent sa marche: qu'il revienne au système d'antan, qui était le bon: quatre fauteuils sous un lustre. L'hiver dernier, un petit théâtre, ayant résolument rompu avec tout l'aria de la mise en scène moderne, et remplacé les décors coûteux par une toile de fond, de sujet vague et de couleur neutre, tout Paris courut à la salle du Vieux-Colombier. Que des troupes de bonne volonté s'improvisent, qu'elles remplacent tout ce qui leur manquera par beaucoup de cordialité: je ne prédis par seulement le succès, je leur donne l'assurance qu'elles nous rendront de grands services. Elles contribueront à soutenir notre moral.

 

Enfin, il appelle à jouer des pièces autre qu'héroïques: Molière, Regnard, Beaumarchais, Emile Augier, avant de terminer par l'inévitable couplet patriotique.

 

Raviver notre tradition littéraire, c'est encore faire oeuvre de défense nationale. Car cela aussi l'ennemi l'a attaqué et menacé de destruction. Et c'est aussi pour nous conserver cette partie du patrimoine sacré que se battent nos soldats ".

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:44

http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/88/46/20140511/ob_91eeb3_1-ww-winter-fayard-vol-2.jpg

 

Autant j'avais été plutôt enthousiaste à la lecture du premier tome (ici), autant celle du deuxième, consacré à la façon dont les Etats ont géré la guerre, m'a laissé bien plus dubitatif: il y a pas mal de redites par rapport au premier tome, beaucoup trop de verbiage souvent inutile et des exemples parfois mal développés ou mal explicités. La briéveté du billet dira assez, du reste, ma déception.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 20:59

 

http://www.tableau-noir.net/site/tableau_06.jpg

(Prof planqué derrière le bureau en attendant la prochaine tuile !)

 

C'est bien dommage que les vacances ne durent pas plus longtemps et qu'une semaine soit presque déjà passée car je ressens de plus en plus d'appréhension et de mal-être à l'idée de remettre les pieds au collège.


Marre de ce chef d'établissement qui dirige de plus en plus en autocrate au point de violer ouvertement les lois sans que personne ne proteste, ni ne le rappelle à l'ordre en haut lieu (non-tenue d'une Commission permanente avant le Conseil d'administration où se vote la répartition des moyens pour l'année suivante, alors que la loi exige cette réunion; refus de revenir sur l'évaluation sans notes en 6ème quoique l'expérimentation arrive à son terme en cette troisième année d'application, sans demander l'avis de personne, alors que le Conseil d'administration devrait voter; décision unilatérale de faire travailler le mercredi jusque 12h30; volonté d'imposer aussi l'évaluation sans notes en 5ème et devant la réticence du Conseil pédagogique, mise en place d'une pseudo-consultation: les profs doivent rendre leur avis via l'Espace Numérique de Travail, donc sans aucun anonymat, et sans personne pour contrôler ensuite que les chiffres qu'il annoncera seront les bons |vive la démocratie]; interdiction totalement illégale de parler aux familles et aux élèves de l'existence des prépa-pro ...) !

Marre de l'apathie de mes collègues face à cela et des simagrées de "la Cour" qui gravite autour de Sa Majesté !

Marre des parents d'élèves dont la connerie devient de plus en plus manifeste, préférant se plaindre du poids des cahiers (il y a quelques années, c'étaient les livres), des interrogations surprises trop nombreuses dans telle ou telle matière plutôt que de se poser la question de l'éducation de leurs mômes... !

Marre de ces gamins qui ne fichent rien et qui ne viennent au collège que pour jacasser du matin jusqu'au soir, sans jamais avoir les 3/4 de leurs affaires !

 

Alors, oui, je suis bien content d'être loin du tableau noir, mais deux semaines de vacances, ça n'est qu'une rustique... jusqu'à quand tiendra-t-elle ? Je me sens sur le bord d'exploser.

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