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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 15:54

Luigi Cherubini (1760 - 1842), fut, en son temps, un des maîtres adulés de la musique italienne. Il s'installa à Paris en 1787 et y fut couvert d'honneurs avant de finir directeur du Conservatoire de 1822 à 1842.

En 1815, il composa un requiem qui fut exécuté le 21 janvier 1816 à la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Ce requiem, auquel on ajouta une marche funèbre et un motet (In Paradisum) fut aussi joué pour les funérailles du duc de Berry, fils du comte d'Artois (futur Charles X), assassiné en 1820.

 

 


 

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 13:59

http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2014/10/valeurs-actuelles-najat-ayatollah.jpg

 

Jeudi 4 décembre ont pris fin, dans toute la fonction publique, et notamment dans l'Education, les élections professionnelles destinées à renouveler nos représentants dans les différentes instances nationales et académiques. Quel bilan en tirer ?

 

Par rapport aux dernières élections, les résultats montrent la montée d'une contestation plus radicale des politiques éducatives portées par l'actuelle ministre et de ses choix très controversés en faveur de la fin des notes à l'école au profit de compétences pas plus égalitaires, de la suppression des SEGPA (ex CPPN), de la fermeture d'un certain nombre de REP (ex ZEP) et de la suppression du doublement remplacé par tout une série d'aides aussi vagues qu'imprécises et dépendant des moyens attribués à chaque établissement (plus vous avez un établissement avec des CSP favorisées, plus vos élèves défavorisés ont moins de chance de recevoir d'enveloppe financière destinée à dégager des heures pour les aider) - et en période de restrictions budgétaires, tout le monde aura compris que toutes ces mesures visent moins à aider les élèves à réussir qu'à faire surtout des économies, malgré les divers prétextes avancés.

 

Si l'UNSA (ex-Fen), proche du parti socialiste et ultra-favorable à ces vieilles lunes pédagogistes qui n'ont jamais fait leurs preuves, a maintenu ses positions et sa deuxième place, malgré un léger recul de l'autre syndicat proche de ses idées, le SGEN-CFDT, par contre le SNES-FSU, qui reste majoritaire et premier syndicat enseignant, a perdu près de 5 % des voix à cause d'un positionnement de moins en moins clair et d'une collaboration de plus en plus accrue, même si elle n'est pas avouée officiellement, à ces politiques massivement rejetées.

Légitimement, les enseignants, lassés que le SNES les prenne pour des c..., l'ont sanctionné et reporté leur choix vers des syndicats plus radicaux et plus hostiles à la ministre et à ses conceptions pédagogistes: FO et le SNALC.


Les résultats sont donc, sans contestation possible, un obstacle supplémentaire pour la ministre et une expression de la colère montante des profs contre Vallaud-Belkacem et contre le premier syndicat enseignant auquel un message d'opposition plus net et plus ferme est demandé.

D'ailleurs, l'attitude de la ministre, cassante, autoritaire, peu respectueuse de la démocratie - au point que le Conseil d'Etat a été saisi d'une plainte par le SNALC récemment - , au style totalement à rebours des politiques éducatives qu'elle préconise (concertation, discussion, pédagogie, évaluation positive), ce qui n'est pas le moindre des paradoxes, n'a fait que crisper un peu plus des relations déjà très tendues entre le ministère et les profs et n'est peut-être pas étrangère aux résultats de ces élections.


D'autre part, ces mêmes résultats montrent une fracture de plus en plus grande entre la base professorale qui vient d'exprimer par les urnes la montée d'une certaine colère, et ceux qui les dirigent car les instances représentatives des chefs d'établissements, des Inspecteurs d'Académie et des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux, ont vu s'exprimer un vote ultra-massif en faveur de l'UNSA, proche du Parti socialiste et auquel, que le ministre soit de gauche ou de droite, sont aussi affiliés la très grande majorité des conseillers du ministère et notamment ceux qui peuplent la DGESCO (Direction GEnérale à l'Enseignement Scolaire).

C'est peut-être d'ailleurs là la cause principale de l'échec de l'Education nationale: des ministres trop soumis, trop inféodés à une DGESCO de plus en plus déconnectée des réalités du terrain et de plus en plus décalée par rapport à une base professorale de moins en moins socialiste et de plus en plus désillusionnée par les échecs répétitifs des politiques "novatrices" préconisées, avec toujours de moins en moins de moyens et de plus en plus d'élèves par classes.


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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 14:01

http://www.fraich.fr/images/produits/668.jpg

 

L'insolite du jour est destiné à certains de mes lecteurs passionnés par l'art culinaire et vise à leur faire connaître une spécialité locale peu connue: la moutarde de Reims.

 

On le sait peu, mais la moutarde a longtemps été abondamment cultivée en Champagne jusqu'au XIXème S., notamment en Haute-Marne et dans la région de Langres.

Cette culture avait entraîné l'essor d'un certain nombre de vinaigreries et de moutarderies, comme par exemple à Reims et à Chalons-sur-Marne, qui rivalisèrent avec Dijon, jusqu'à ce que l'abandon de cette culture et la fermeture des vinaigreries, à la fin du XIXème et au début du XXème, ne vienne mettre fin à l'abondante production de moutarde de Reims.

 

Aujourd'hui, seule la fabrique Charbonneaux-Brabant, qui existe depuis 1797, continue à fabriquer et à commercialiser le vinaigre et la moutarde de Reims sous la marque Clovis.

 

Cette moutarde de Reims (il en existe aussi une version à l'ancienne), dont les graines sont aujourd'hui originaires du Canada, est une moutarde brune, de couleur jaune paille prononcée, élaborée à partir du vinaigre de vin blanc de Champagne et de vins de dégorgement issus de la fabrication du Champagne, ce qui explique son goût légèrement vinique qui convient aussi bien à l'assaisonnement des viandes qu'à la réalisation de sauces vinaigrées.


 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 16:42

http://blogs.weta.org/boundarystones/sites/blogs.weta.org.boundarystones/files/Mary%20Custis%20Lee%201914%20LOC.jpg

(Mary Curtis Lee en 1914)

 

L'insolite du jour nous vient des Etats-Unis.

Le 13 juin 1902, une vieille femme blanche de 67 ans, accompagnée d'une domestique noire et de lourds bagages, monte dans un tramway d'Alexandria et s'installe dans le compartiment réservé aux personnes de couleurs.

Invitée par deux fois, par le chauffeur, à gagner les places réservées aux blancs, puisqu'une récente loi impose la ségrégation raciale dans les transports en commun de Virginie, elle refuse catégoriquement et est arrêtée quelques stations plus loin.

Cet incident n'aurait pourtant rien que de très banal - il valut à la vieille femme en question d'être condamnée à payer une amende -, si elle ne s'était appelée Mary Curtis Lee et n'avait été l'une des filles du célèbre général confédéré Robert Edward Lee, ce qui lui donna une certaine audience au point qu'elle reçut ensuite des lettres de félicitations pour son geste qui fut interprété par certains comme une prise de position contre la ségrégation raciale.

Pourtant, encore aujourd'hui, on ne sait pas quelles furent les raisons qui ont motivé son geste car l'intéressée ne s'est jamais vraiment expliquée à ce sujet: Méconnaissance des lois, comme il a été dit à l'époque ? Habitude de voyager avec sa domestique ? Volonté de ne pas gêner les autres avec ses encombrants bagages ou volonté de défier la loi ?

Peut-être un peu de tout cela à la fois. Une de ses biographes évoque aussi une hypothèse fort valable, l'idée que la vieille femme ayant l'habitude de vivre au milieu des noirs comme aux temps de l'esclavage a préféré ignorer une loi qui dérangeait ses habitudes, tout simplement.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 15:37

Ecoutez les choeurs du Casta diva, l'air célèbre de la Norma de Vincenzo Bellini (1831), vous y reconnaîtrez sans doute un air qui vous dira peut-être quelque chose et pour cause, puisqu'il a été "plagié" en 1977 pour servir de refrain musical à l'une des plus célèbres chansons de Mireille Mathieu. Etonnant, non ?

- Casta Diva, par Maria Callas, 1958

- Mille colombes, Mireille Mathieu, 1977

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 15:56

http://img.groundspeak.com/waymarking/a3617adf-baf8-427e-94ba-7b4804fbf1ae.jpg

(Statue d'Abraham Lincoln à Cincinnati, Ohio)

 

- Les origines

 

Parce qu'Abraham Lincoln, fils de Thomas Lincoln et de Nancy Hanks, est né, le 12 février 1809, dans une cabane en rondins de bois près d'Hogdenville, comté de Hardin, au Kentucky, que son père était illettré, qu'il n'a fréquenté l'école que de manière très épisodique, et que tous les deux ont exercé presque tous les métiers possibles et imaginables que l'on puisse trouver sur la Frontière, on a souvent eu tendance à croire que les Lincoln avaient été des gens qui avaient vécu dans la misère la plus noire.

Or, acquérir des terres dans l'Ouest restait à l'époque (et jusqu'au Homestead Act de 1862), relativement cher et n'était donc pas à la portée de tous.

En réalité, Thomas Lincoln était lui-même fils d'un important propriétaire à la tête de 2 200 hectares de terre et, bien qu'il ne fut pas l'aîné de la famille, à une époque où le droit d'aînesse était encore en vigueur au Kentucky, il avait pu acquérir néanmoins le statut d'un notable moyen servant dans la milice locale et siègeant à l'occasion comme juré dans les juridictions locales, et s'acheter une centaine d'hectares.

De même, lorsqu'en 1819, il épouse Sarah Bush Johnston, après le décès de sa première épouse, victime d'une intoxication liée à la consommation de lait de vache contaminé par l'ingestion d'une plante vénéneuse, la serpentaire blanche, c'est lui qui règla les quelques dettes de sa nouvelle femme.

Cependant, il n'en reste pas moins vrai que les Lincoln ont traversé une passe difficile durant les années 1815 - 1820 quand Thomas Lincoln a fui le Kentucky après que son droit de propriété sur les trois terres qu'il avait successivement achetées eurent été contestés et qu'il eut rejoint une branche très rigoriste de l'Eglise baptiste qui professait une morale stricte rejettant la danse, les courses de chevaux, l'ivrognerie et... l'esclavage.

Ils trouvèrent alors refuge dans le sud de l'Indiana, sur une terre appelée "Little Pigeon Creek" où les conditions de vie semblent avoir été particulièrement peu reluisantes et où périt Nancy Hanks, la mère d'Abraham, en 1816.

 

- Enfance et adolescence

On a souvent dit d'Abraham Lincoln qu'il était un homme qui s'était fait lui-même. Rien de plus exact que cette affirmation et, comme l'a noté fort justement l'un de ses biographes, le plus extraordinaire n'est pas que Lincoln soit né dans une cabane en rondins, mais qu'il en soit sorti.

En effet, on ne sait pour quelle raison, cet enfant qui finit par devenir une "grande asperge" d'un mètre quatre-vingt douze à l'âge adulte, développa très tôt un goût particulier pour la méditation solitaire, la mélancolie, la lecture et l'écriture, mais l'on sait que sa belle-mère, illettrée mais convaincue des bienfaits de l'instruction, et contre l'avis de son mari, fit tout pour que l'ensemble des enfants du foyer Lincoln fréquentâssent l'école, même de manière épisodique.

C'est ainsi qu'Abraham acquit un rudiment d'instruction qui lui permit peu à peu de développer ses connaissances, d'améliorer son écriture, et de devenir, au fil du temps, une sorte d'écrivain public pour ses voisins. Il commença aussi à écrire des poèmes et, comme tous les hommes de la Frontière - peut-être pour échapper à la mélancolie qui le tenaillait souvent - il ne dédaignait pas d'écrire et conter, pour une assemblée plus ou moins vaste, des histoires cocasses, parfois plus ou moins grasses.

D'autre part, en 1828 - il n'a alors que dix-sept ans - , Abraham participa à une aventure au long cours: il accompagna un négociant local et son fils jusqu'à La Nouvelle-Orléans, à 1 500 km de là, par l'Ohio et le Mississippi, pour y vendre du blé et de la viande. Il y gagna 24 dollars pour une voyage qui dura trois mois.

 

- L'installation en Illinois

En 1830, son père et sa belle-mère décidèrent de quitter l'Indiana pour s'installer sur des terres plus fertiles traversées par la rivière Sangamon, près de Decatur (un village à l'époque), dans le comté de Mâcon, en Illinois.

Abraham se vit alors proposer par un autre homme d'affaire local, de tenter à nouveau le voyage vers La Nouvelle-Orléans, en compagnie d'un de ses cousins, John Hanks et de l'un de son demi-frère, John D. Johnston.

Au retour, il décida de voler de ses propres ailes et s'installa à New Salem, un bourg aujourd'hui disparu, qui se trouvait à une trentaine de km au nord-ouest de Springfield. New Salem était alors un lieu de négoce où vivaient surtout une population composée d'artisans et de commerçants. Abraham finit par y devenir employé de magasin, utilisa ses loisirs à lire tout ce qui lui tombait sous la main (journaux, livres de grammaire, poèsie pour laquelle il devait marquer une véritable prédilection, oeuvres de Shakespeare, Le Siècle de la raison de Thomas Paine...) et commença à prendre part aux réunions d'une société de pensée dirigée par James Rutledge, le meunier local, et à laquelle participaient des gens d'origines diverses, dont le docteur John Allen, ancien étudiant de Darthmouth College, Jack Kelso, passionné de poèsie, ou Mentor Graham, directeur de l'école locale.

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 17:09

http://www.clg-st-exupery-vlb.ac-versailles.fr/sites/www.clg-st-exupery-vlb.ac-versailles.fr/IMG/bmp/Shadok.bmp

 

Nous étions invités, ce mercredi 15, à nous pencher, après avoir donné notre avis individuellement via notre boîte courriel professionnelle - un très long pensum aux questions parfois mal posées, répétitives et pleines de chausse-trappes - , sur le projet de nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture destiné à remplacer le socle actuel dont le rejet par les familles aussi bien que par le corps professoral ne pouvait plus être masqué.

Mais, si nous avons consciencieusement rempli le questionnaire fourni par la Principale, ne nous leurrons pas, nous savons très bien que toutes ces consultations finiront au panier, sans même avoir été lues. Le seul but de la manoeuvre, c'est de permettre au ministère de faire croire à l'opinion publique et aux professeurs, que le texte final, qui est déjà prêt, a été approuvé et demandé par les profs eux-mêmes.

 

En vérité, qu'avons-nous dit de ce socle ?

Tout d'abord, nous avons été unanimes pour dire qu'il était bien trop général, trop ambitieux et parfois peu adapté aux capacités intellectuelles d'un élève de collège, fût-il en Troisième. Nous avons d'ailleurs demandé une mise en place d'une réelle progressivité, avec des objectifs clairs, précis, réalisables et une définition, par année scolaire et par discipline - et non par cycle -, de ce qu'un élève doit réellement savoir maîtriser pour passer en classe supérieure.

L'idée, du reste, a peu de chance de voir le jour puisqu'au contraire, après le Collège unique en 1975, le ministère cherche à créer l'Ecole unique, avec un seul corps de professeurs de la maternelle à la Troisième, polyvalent, capable de tout enseigner et d'enseigner indifféremment en maternelle, en primaire et au collège, des compétences "transversales", comme si savoir lire en français et en histoire signifiait la même chose.

L'idée, c'est de faire des économies en primarisant le collège pour confier l'enseignement à des non-spécialistes interchangeables et déplaçables (de moins en moins profs et de plus en plus animateurs de colos) en fonction des postes et des besoins - une gestion purement comptable et déshumanisée - avec un risque majeur, celui de scléroser le savoir parce que seul un spécialiste se tient au courant des avancées et des évolutions de la discipline qu'il enseigne et peut corriger des idées fausses parfois massivement répandues dans le public (ex. l'idée fausse selon laquelle les pantalons garance seraient responsables d'une surmortalité des soldats français en 1914, surmortalité qui n'existe pas en réalité).

Enfin, nous nous sommes interrogés sur le domaine le plus étrange: "Les outils pour apprendre", un domaine qui consiste à expliquer aux élèves qu'apprendre, c'est savoir uniquement chercher et sélectionner des informations sur le net. L'idée que quelques clics peuvent remplacer le moindre apprentissage intellectuel laisse tout de même bien perplexe, car si le savoir et la connaissance sont disponibles - en partie - sur le net, c'est bien parce qu'un jour des gens ont fait l'effort d'apprendre. Imagine-t-on demain des comédiens qui n'apprendraient plus leur texte sous prétexte qu'il suffit de quelques clics pour le trouver, et qui, munis sur scène de tablettes numériques, réciteraient ce qu'ils auraient sous les yeux ? C'est pourtant bien le nouveau credo du ministère pour l'école de demain.

Par ailleurs, si les neufs points sur l'évaluation nous sont apparus interressants sur le principe, nous n'avons pu réellement nous prononcer, faute d'exemple précis et concret de ce que cela pourrait donner.

Car, c'est bien le problème avec ce socle, comme avec l'ancien, on a l'impression qu'on a mis, encore une fois, la charrue avant les boeufs.


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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 21:09

Expression souvent utilisée pour désigner l'armée française, tant par l'interdiction qui lui est faite de faire grève, que par celle qui lui a longtemps été faite de disposer de syndicats pour permettre à ses personnels de se défendre et de défendre leurs intérêts (la Cour Européenne des Droits de l'Homme vient enfin de condamner cette restriction) ou celle qui lui interdisait de voter jusqu'en 1945, elle pourrait tout aussi bien s'appliquer à l'ensemble des administrations françaises et à l'ensemble de ses fonctionnaires et personnels placés sous la férule du "devoir de réserve", véritable chape de plomb bien pratique quand il s'agit d'obliger quelqu'un à "fermer sa gueule" sur certaines pratiques douteuses, voire illégale et d'étouffer certains scandales.

Prenez l'Education Nationale.

Par exemple, que vous n'entendrez jamais parler du scandale des Foyers Socio-Educatifs, ces structures "loi 1901" qu'abritent les établissements scolaires pour mettre en place des activités périscolaires via un financement qui repose en partie sur les cotisations des élèves: en principe facultatives, elles sont souvent imposées de façon subtile et tout aussi illégales ("Si tu veux obtenir une réduc' pour le voyage trucmuche en Angleterre, tu dois cotiser") et ne servent pas qu'à financer des activités périscolaires. J'ai connu des établissements où la caisse servait même à financer le déficit de la machine à café de la salle des profs ou à payer des palmes académiques. Personne ne sait non plus que, fonctionnant sur la base du volontariat et du bénévolat, certains collègues reçoivent un backchich, pris sur la dotation des heures supplémentaires qui, normalement, devraient servir à financer des activités scolaires, pour rémunérer leur "bénévolat".

Vous n'entendrez pas non plus parler de ce collège où la secrétaire qui était aussi la trésorière de l'Association Sportive (AS), confondait ses comptes personnels et ceux de sa famille avec ceux de l'AS et y faisait virer, tous les ans, les sommes récoltées par le loto du collège. Malgré les plaintes déposées, malgré l'enquête, le Procureur de la République a étouffé l'affaire sur ordre pour ne pas compromettre certaines carrières (en effet, les présidents d'AS sont, de par la loi, les chefs d'établissement).

Vous n'entendrez pas davantage parler de ce prof qui utilisait le PC portable du collège à des fins personnelles et y enregistrait ses sextapes. C'est un de ses collègues qui, par hasard, est tombé sur les vidéos et a alerté le chef d'établissement parce que ce portable était utilisé couramment en cours et parfois manipulé par des élèves. Là aussi, l'affaire a été étouffée: le chef s'est contenté de demander l'effacement des vidéos en question sans qu'aucune sanction ne soit prise. Mieux, ce type est passé à la hors-classe sans attendre le 11ème échelon de la classe normale et se retrouve même au Conseil d'administration.

Vous n'entendrez pas non plus parler de ces recteurs qui font changer voitures de fonction et déco quand ils prennent leurs fonctions ou qui "embarquent" les meubles payés aux frais du contribuable, voire la cave à vins, quand ils quittent leur poste.

Ce ne sont là que quelques exemples de dérives hélas courantes, mais que le devoir de réserve oblige à taire ou à ne parler, comme ici, qu'en ne citant aucun nom, aucun établissement, sous peine de risquer gros.

Tant que le devoir de réserve existera, il sera un moyen de pression utilisé par l'adminisration pour cacher ses propres frasques et laisser perdurer des abus.

Certes, il y a bien un devoir de désobéissance quand un ordre parait manifestement illégal, mais, dans les faits, celui ou celle qui s'amuserait à en user, risquerait gros là aussi.

Le silence règne donc dans les rangs de la Grande Muette fonctionnaire.

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 14:37

http://television.telerama.fr/tele/visuels.php/18594381/

 

On ne peut vraiment pas dire que la décision de France2 de pousuivre la série "Les Petits Meurtres d'Agatha Christie" avec de nouveaux acteurs après le départ d'Antoine Duléry (commissaire Larosière) et de Marius Colucci (inspecteur Lampion) et de la transposer des années Trente aux années Cinquante, aient été la plus brillante idée qui soit.

Autant la série, pleine d'humour, était plaisante à regarder avec le duo Duléry/Colucci, autant, malgré plusieurs épisodes, elle est devenue une espèce de chose informe et surtout pas drôle du tout dans ses nouveaux habits et ses nouveaux acteurs: Samuel Labarthe (commissaire Swan Laurence) y est raide comme un  piquet, Elodie Frenck (Marlène), la secrétaire, fausse blonde idiote, doublure de Marilyn et de Dietrich, en devient insultante pour les blondes tellement la caricature tombe à plat et Blandine Bellavoir (Alice Avril), la journaliste de la Voix du Nord, semble comme s'être trompée d'époque, confondant années 1970 et années 50.

Du coup, le jeu entre acteurs ne prend pas, les violons ne s'accordent pas, les situations sont trop souvent guindées ou irréalistes, l'ensemble y perd en qualité et en densité. Il est a souhaiter que France2, soit décide d'arrêter définitivement la série, soit de renouveler entièrement l'équipe d'acteurs et de revenir au concept qui a fait le succès de la première saison.


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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 22:01

 


 

 

 

Il y a quelques jours (grâce à Google, il faut bien le dire), nous apprenions qu'il y a 40 ans, avait lieu la première diffusion de Casimir à la télévision. L'information qui se voulait à la fois "clin d'oeil", nostalgie et expression d'une certaine reconnaissance, m'a pourtant semblé d'une terrible actualité en cette époque où il n'est question que de rythmes scolaires et d'élèves qu'il s'agirait de faire travailler plus et plus longtemps pour moins les fatiguer: un concept qui m'échappe un peu puisqu'on se fatigue parfois autant, voire plus, à se dépenser dans X activités périscolaires, me semble-t-il.


Il y a 40 ans, la réflexion était tout autre. On pensait, au contraire, qu'il fallait donner aux enfants des temps de repos salvateurs pour qu'ils aient le loisir de se ressourcer, de souffler, de se dépenser à jouer, à s'amuser, à se faire plaisir... bref, de s'aérer les neurones. La télévision y avait son rôle à jouer: le soir, par exemple, il y avait toujours des programmes qui leurs étaient destinés (Casimir, Récré A2, Il était une fois l'homme, Ulysse31 ...) et, le mercredi après-midi leur était entièrement consacré avec des émissions comme les Visiteurs du Mercredi puis les Récré A2. Les vacances aussi donnaient droit à des émissions jeunesse spéciales, comme celles de Claude Pierrard.


Aujourd'hui, tout cela est bien fini: "le temps des enfants" a disparu du devant de la scène et a été souvent relégué aux matins, après avoir rendu son dernier souffle avec les dessins animés et séries asiatiques ultra-violentes qui lui ont porté le coup de grâce car faire du fric est aujourd'hui bien plus important pour les patrons de chaînes, fussent-elles publiques, que de penser à distraire et éduquer les enfants, tout en leur offrant de temps de repos salvateurs.

Mais qui sait si le stress, l'agitation permanente, l'ultra-violence des enfants parfois, ne viennent pas tout simplement de ce temps que la société toute entière semble dénier aux enfants auxquels on semble ne plus vouloir permettre ni le calme, ni le repos, ni le temps de vivre, comme s'ils devaient toujours vivre à cent à l'heure, s'agiter, s'énerver, bouger en diverses activités qui ne font que copier le monde des adultes, comme si l'enfant n'était qu'un adulte en miniature ? Et quand je vois que, désormais, dans certaines écoles maternelles, les gamins ont des cartables, je commence à me poser vraiment des questions .


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