Instants d'instants est un blog à vocation généraliste abordant des thèmes variés (événements de la vie, actualité, musique, culture ...)
Paul Jacques Aimé, Baudry, Charlotte Corday, Musée des Beaux-Arts, Nantes
Il était presque 4h00 du matin, je le sais parce que j'ai regardé l'heure. C'est curieux quand on y pense que mon premier réflexe fut de regarder l'horloge alors qu'on avait tenté de m'assassiner.
Je rentrais tranquillement chez moi, accompagné de ma soeur et d'une personne qui était ma mère mais ne l'était pas tout à fait à la fois - en tout cas, j'eus conscience de l'étrangeté de la chose -, un "chez-moi" très inhabituel qui tenait d'une sorte de logis de corps de ferme.
Nous sommes arrivés de la cour intérieure devant une porte cochère fermée, à sa droite un escalier descendant vers la cave, à sa gauche un escalier montant vers "mon appartement". Je me souviens avoir quitté en bas des marches cette étrange dame à laquelle j'indiquais le chemin de la sortie - la porte et non l'escalier à droite qu'elle pensait emprunter de prime abord.
La laissant, ma soeur et moi montâmes le long escalier droit, au bout duquel une porte en bois peinte en gris nous attendais et nous eûmes à peine le temps de la refermer qu'un individu dont seule la calvitie me reste en mémoire, nous assaillit un couteau à la main. Il menaçait de nous exécuter si la personne qu'il pourchassait - un instituteur visiblement - continuait à refuser de sortir de l'endroit où elle s'était barricadée.
En effet, il faut imaginer derrière la porte grise que nous venions de franchir, un couloir s'ouvrant immédiatement, à angle droit, le long duquel se trouvaient un certain nombre de portes dont une inexplicablement ouverte qui devait être celle de l'instit.
C'est sans doute à ce moment que je pris conscience d'avoir considérablement rajeuni et que j'étais même retombé en enfance, à moins que ce ne soit quelques instants plus tard au moment où nous luttâmes contre le forcené. Toujours est-il - je ne sais par quel miracle - que je réussis à convaincre l'instit de sortir de sa cache, lequel apaisa le fou furieux avec je ne sais plus quelle promesse d'aller chercher je ne sais plus quoi et de le lui rapporter. Etrangement, l'homme au couteau accepta de le laisser sortir, quand soudain - la porte n'était point encore refermée - il comprit que l'instit irait plus certainement chez les gendarmes et sur un hochement de ma tête, se lança à sa poursuite. Nous eûmes alors le réflexe de claquer vigoureusement la porte, de tourner la clé et de fermer le verrou, de caler des chaises derrière aussi, car déjà le fou furieux se retournait contre la porte qu'il essayait d'enfoncer alors que nous étions dans un état de panique indescriptible qui redoubla quand vous le vîmes soudain tenter de passer par le vasistas resté ouvert qui surplombait la porte et que nous avions totalement oublié, sinon ignoré jusqu'à ce que l'homme y surgisse brusquement. J'allais pousser un véritable cri de terreur quand la peur me réveilla en sursaut au bord de l'apnée, juste avant qu'un cri véritable, celui-là, ne sorte de ma gorge.
Vous l'aurez compris, je pense, cette histoire est celle du rêve de cette nuit, même si elle m'embête un peu car c'est déjà la seconde fois, même si les circonstances étaient différentes, qu'on cherche à m'assassiner dans un de mes rêves en quelques semaines.
Par un étrange hasard, c'est aussi le 50ème billet de ce blogue