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Si tu l'ignores encore - mais comment peux-tu encore l'ignorer ? -, c'est demain qu'a lieu le mariage entre le prince Guillaume (William), héritier en second du trône d'Angleterre [on se souvient par ailleurs du royal appendice surpris par un paparazzi il y a quelques années] et Catherine Middleton.
A cette occasion, et peut-être l'as-tu entendu ici ou là, on s'est demandé si les règles d'accession au trône britannique n'allaient pas être modifiées: en effet, le gouvernement réfléchirait à une modification de l'Acte d'Etablissement (Act of Settlement) de 1701, dernier texte en date régissant cette accession afin de permettre au premier-né, qu'il soit garçon ou fille, de succéder au souverain défunt, démissionnaire ou empêché, comme l'on déjà fait la Suède, le Danemark et quelques autres monarchies d'Europe.
Mais pourquoi devrait-on s'arrêter en si bon chemin dans la modification de l'Acte d'Etablissement ?
En effet, celui-ci a été surtout rédigé et voté dans le but, après la Glorieuse révolution de 1688 qui chassa du trône le roi Jacques II, converti au catholicisme, de régler la succession de la reine Anne qui n'avait plus d'enfants survivants, afin que la couronne ne puisse plus jamais revenir à un prince catholique.
De plus, il élimine de l'ordre de succession tout membre de la maison d'Angleterre qui viendrait à épouser un ou une catholique: c'est ce qui arriva au prince Michael de Kent quand, en 1978, il épousa la catholique Marie-Christine von Reibnitz.
Autant dire qu'il serait particulièrement incongru de modifier ce texte pour faciliter l'accession des filles au trône sans en éliminer, en même temps, la discrimination envers la religion catholique qu'il contient. Comment reconnaître l'égalité homme/femme sans reconnaître l'égalité entre catholique et protestants ? Ce serait discriminatoire.