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Il faut croire que le ministère de l'Education nationale les attire comme des mouches. C'est incroyable ce qu'un homme politique, une fois devenu ministre à ce poste, peut accumuler de gaffes, de bourdes envers ses propres personnels.
J'en prendrai deux exemples: l'allongement de la durée des vacances de la Toussaint et la concertation sur la refondation de l'école:
- il faut réaménager les rythmes scolaires, nous dit Vicent Peillon, notre nouveau ministre. Les vacances de la Toussaint sont trop courtes, il faut les rallonger pour limiter la fatigue des élèves. Soit. Personne n'y trouverait à redire d'ailleurs tant le premier trimestre est long. Seulement voila, ce n'est pas un rallongement "gratuit". En échange, les élèves devront travailler plus en récupérant les jours perdus à la Toussaint, deux mercredis après-midi en avril et en mai et en perdant un jour de vacances en juillet. Autrement dit, le ministre a rallongé le troisième trimestre, la période la plus longue et la plus pénible de l'année, celle où l'épuisement se lit sur les visages et dans l'attitude des élèves, celle où les notes s'arrêtant début juin, il faut désormais faire un mois complet de garderie. Est-ce cela lutter contre la fatigue des élèves que de les fatiguer encore plus en fin d'année ? Et à qui Peillon fera-t-il croire qu'il est absolument indispensable de rajouter un jour de plus, le 06 juillet, comme s'il y allait avoir cours ce jour-là ! Ne se situerait-on pas, plutôt, dans la même logique d'humiliation des profs mise en pratique par les gouvernements précédents, dans le but de les donner en pâture à l'opinion publique ?
- il faut refonder l'école nous dit-il. Soit. La concertation se fait pendant les vacances d'été, pilotée par quatre personnes dont aucune n'est du monde de l'éducation scolaire primaire ou secondaire, avec la consultation d'un certain nombre d'acteurs qui n'ont pas grand chose à voir avec l'éducation, des syndicats dont on connait la faible représentativité ... il manque juste des partenaires essentiels: les profs ! Ce sont les seuls que le ministre n'a pas daigné consulter. Comment refonder l'école sans la collaboration des profs ? sans les consulter, les associer ? Il y a là quelque chose de complétement ahurissant.La aussi, cette volonté d'ignorer les profs, de les mettre volontairement de côté, de pratiquer de la pseudo-concertation en plein été, démontre clairement une continuité d'humiliation des profs pratiquée déjà par les gouvernements précédents.
Peillon ou Châtel, c'est la même politique: une politique qui consiste délibérement à ignorer les profs et à leur imposer des solutions, des idées, des réformes, faites par des technocrates de salon et des gens qui n'y connaissent absolument rien à l'Education, mais qui, pétris de leurs représentations, souvent fausses, ont forgé la faillite du système tel que nous le connaissons aujourd'hui. Peillon, n'est sans doute qu'un fossoyeur, parmi d'autres, de l'Education nationale.