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Instants d'instants est un blog à vocation généraliste abordant des thèmes variés (événements de la vie, actualité, musique, culture ...)

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Parlange/Louisiane/Denuzière

Dans les années 1980, alors que j'étais encore un ado, je me suis passionné pour la série que le journaliste et écrivain Maurice Denuzière avait consacré à la Louisiane et dont Philippe de Broca devait tirer un film assez insignifiant et un téléfilm en plusieurs parties inspirés du premier tome de la série avec Margot Kidder, Ian Charleson et Andréa Ferréol dans les rôles principaux.

Miracle du net, de google et de wikipédia, on peut désormais en savoir un peu plus sur l'histoire de la plantation Parlange qui servit de modèle à celle de Bagatelle dans le livre et sur la fameuse Virginie du roman.

Ceux qui ont lu cette série verront aussi quels sont les nombreux emprunts faits par l'auteur à la vie réelle ou racontée comme telle des propriétaires de cette plantation toujours debout à l'heure actuelle.

 

http://farm4.static.flickr.com/3148/2342364198_d6eff108a1.jpg

Parlange est une plantation typique de l'ère coloniale, construite en 1750 avec des matériaux du cru, notamment la brique fabriquée sur place par les esclaves et le cyprès chauve, les enduits étant un mélange de sable, de boue et de mousse espagnole, par un certain Vincent de Ternant sur 1 000 acres de terres (40 km2) qui lui avaient été concédés par le roi de France.

Son fils, Claude Vincent de Ternant (Adrien de Damvilliers dans le roman) épousa en secondes noces sa cousine éloignée, Virginie Trahan, née en 1818 (la Virginie Trégan du roman).


Ensemble, ils eurent trois enfants qui vécurent:

- Marius Claude (le Marie-Adrien du roman), qui mena une vie dissolue et mourut à 25 ans en 1861

- Marie Virginie (la Gratianne du roman), mariée à Anatole Placide Avegno qui fut major dans l'armée confédérée et qui mourut en 1862 des suites d'une blessure reçue à la bataille de Shiloh. Leur fille, Virginie Amélie qui fut mariée au banquier Pierre Gautreau, devint une des célébrités du monde parisien et fut l'objet d'un scandale resté célèbre puisqu'elle n'est autre que la célèbre Madame X peinte par John Singer Sargent en 1884. En effet, le peintre l'avait d'abord représentée avec une bretelle de la robe qui avait glissé sur l'épaule, ce qui renforçait de façon jugée scandaleuse, la sensualité du modèle. Il eut beau remettre celle-ci en place, rien n'y fit.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Sargent_MadameX.jpeg

- Julie Eriphile (la Julie du roman) que l'on retrouva morte, comme dans le roman, au pied d'un chêne (d'autres versions la disent devenue folle).


Après la mort de son mari, en 1842, Virgine se remaria avec un colonel français, Charles Parlange qui donna son nom actuel à la plantation. Ils donnèrent naissance à un fils, Charles (1851 - 1907), avocat, sénateur au Sénat de Louisiane (1880 - 1885), United States Attorney (1885 - 1889). Elu lieutenant-gouverneur en 1892, il démisionna pour occuper un poste de juge à la Cour Suprême de Louisiane (1893 - 1894) avant d'être nommé par le président des Etats-Unis, juge fédéral pour le district Est de la Louisiane (1894 - 1907).

Durant la guerre de Sécession, la plantation fut successivement le quartier général de l'armée nordiste de Nathaniel Banks puis de l'armée confédérée de Richard Taylor, fils de l'ancien président des Etats-Unis, Zachary Taylor qui y furent tous deux accueillis, nourris et logés ainsi que leurs troupes.

On dit aussi qu'à l'approche des troupes nordistes, Virginie fit enterrer une grande partie de sa fortune dans trois coffres dont un ne fut jamais retrouvé.

Laissée à l'abandon après la mort de Virginie en 1887, la maison a été occupée à nouveau par son petit-fils, Walter, et ce sont ses descendants qui l'occupent toujours actuellement.

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Commenter cet article
L
<br /> Je découvre aujourd'hui votre article sur la plantation Parlange qui a servi de cadre à la saga que Maurice Denuzière a écrite il y a tente ans et que j'ai lue avant mes voyages en Louisiane dans<br /> les années 80. Votre article est plus complet que celui que j'ai écrit sur mon blog il y a quelques jours, mais je voulais laisser mes lecteurs découvrir par eux-mêmes les maisons antebellum entre<br /> la Nouvelle-Orléans et Natchez et quelle put être la vie dans les plantations au 19ème siècle. Bravo pour votre article si complet et comme me l'a dit un jour M. Denuzière lors d'une signature dans<br /> une librairie lors de la parution du cinquième tome de sa saga : "Vous avez eu le courage d'aller jusqu'au bout ?"<br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> Merci pour ce petit mot; Maurice Denuzière est trop modeste: grâce à lui, j'ai beaucoup appris sur l'histoire de la Louisiane et certaines anecdotes qu'il raconte me servent même en cours<br /> d'histoire ou d'éducation civique.<br /> <br /> <br /> <br />