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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 20:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8e/Jean_Jaur%C3%A8s,_1904,_by_Nadar.jpg

 

Le 31 juillet 1914, paraissait dans l'Humanité, ce qui serait le dernier édito de Jaurès puisque chacun sait quel tragique destin l'attendait ce même 31 juillet.

Paru sous le titre "Sang-Froid Nécessaire", il semblait croire encore en une entente et une paix possibles entre les Etats en conflit, appelait les peuples et les gouvernements au calme et à la raison en évoquant les affres de la guerre, et croire en la capacité des leaders socialistes à éveiller suffisamment la conscience des masses ouvrières pour qu'elle pèse en faveur de la paix.

 

 

" Que l’on mette si l’on veut les choses au pire, qu’on prenne en vue des plus formidables hypothèses les précautions nécessaires, mais de grâce qu’on garde partout la lucidité de l’esprit et la fermeté de raison. A en juger par tous les éléments connus, il ne semble pas que la situation internationale soit désespérée. Elle est grave à coup sûr, mais toute chance d’arrangement pacifique n’a pas disparu. D’une part il est évident que si l’Allemagne avait eu le dessein de nous attaquer, elle aurait procédé selon la fameuse attaque brusquée. Elle a au contraire laissé passer les jours et la France comme la Russie ont pu mettre à profit ce délai, l’une, la Russie, pour procéder à une mobilisation partielle, l’autre, la France, pour prendre toutes les précautions compatibles avec le maintien de la paix.

 

D’autre part, l’Autriche et la Russie sont entrées en négociations directes. La Russie demande à l’Autriche quel traitement elle réserve à la Serbie. L’Autriche a répondu qu’elle respecterait « son intégrité territoriale ». La Russie estime que ce n’est pas assez, qu’il faut en outre que « les droits de souveraineté de la Serbie soient garantis ».

 

La conversation est engagée. Même si un désaccord se précise entre les vues de l’Autriche et celles de la Russie, on pourra mesurer l’écart des idées et s’employer à la solution d’un problème dont les données seront déterminées. C’est alors, semble-t-il, que pourra intervenir cette pensée médiatrice de l’Angleterre qui cherche sa forme, ses moyens d’expression, mais qui finira bien par prévaloir, car elle répond au sentiment profond des peuples, et sans doute au désir même des gouvernements qui sentent monter en eux, comme un châtiment, ce péril de guerre avec lequel un moment ils avaient cru jouer comme avec un instrument diplomatique.

 

Et si l’on juge de ce que serait la guerre elle-même et des effets qu’elle produirait par la panique, les sinistres rumeurs, les embarras économiques, les difficultés monétaires et les désastres financiers que déchaîne la seule possibilité du conflit, si l’on songe que dès maintenant il faut ajourner les règlements d’échéance et se préparer à décréter le cours forcé des billets de banque, on se demande si les plus fous ou les plus scélérats des hommes sont capables d’ouvrir une pareille crise.

 

Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. Il n’est même pas dans les dispositions réelles des chancelleries si coupables qu’elles puissent être ; il n’est pas dans la volonté réelle des peuples ; il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. A ces paniques folles les foules peuvent céder et il n’est pas sûr que les gouvernements n’y cèdent pas. Ils passent leur temps (délicieux emploi) à s’effrayer les uns les autres et à se rassurer les uns les autres. Et cela, qu’on ne s’y trompe pas, peut durer des semaines. Ceux qui s’imaginent que la crise diplomatique peut être et doit être résolue en quelques jours se trompent. De même que les batailles de la guerre moderne, se développant sur un front immense, durent sept ou huit jours, de même les batailles diplomatiques, mettant maintenant en jeu toute une Europe et un appareil formidable et multiple de nations puissantes, s’étendent nécessairement sur plusieurs semaines. Pour résister à l’épreuve, il faut aux hommes des nerfs d’acier ou plutôt il leur faut une raison ferme, claire et calme. C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître de soi, refouler les paniques, dominer les énervements et surveiller la marche des hommes et des choses, pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre.

 

Le péril est grand, mais il n’est pas invincible si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous savons avoir à la fois l’héroïsme de la patience et l’héroïsme de l’action. La vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir.

 

Tous les militants socialistes inscrits à la Fédération de la Seine sont convoqué dimanche matin, salle Wagram, à une réunion où sera exposée la situation internationale, où sera définie l’action que l’Internationale attend de nous. Des réunions multipliées tiendront en action la pensée et la volonté du prolétariat et prépareront la manifestation assurément magnifique qui préludera aux travaux du Congrès international. Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrières. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir ".

 

Jean Jaurès, l'Humanité du 31 juillet 1914

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 21:06

http://img15.hostingpics.net/pics/290534letrounormand.jpg

 

Il ne resterait vraisemblablement rien aujourd'hui de ce film mineur de 1952 avec Jean Boyer aux manettes et au scénario improbable (un simple d'esprit qui doit retourner à l'école pour passer son certificat d'étude afin d'hériter de l'auberge du Trou Normand), malgré Bourvil en vedette, les débuts de Brigitte Bardot à l'écran, Roger Pierre dont on découvre qu'il a été jeune un jour, et la présence d'excellents seconds rôles du cinéma français (Noël Roquevert, Pierre Larquey, Jeanne Fusier-Gir, Jane Marken), s'il ne transportait avec lui un léger parfum de nostalgie d'un pays au charme éternel, sorti de la guerre depuis seulement sept ans à peine, qui a repris le cours de son existence normale.

 

Courteville en 1952 (ou plutôt La Vieille-Lyre et La Neuve-Lyre, dans l'Eure), ses voitures du temps où les voitures avaient encore de l'allure et faisaient rêver, sa campagne verdoyante que les lotissements modernes n'ont pas encore défigurée, ses petits commerçants qui n'ont pas encore été éradiqués par les grandes surfaces... sont un peu comme une petite madeleine que l'on déguste en regrettant que la machine à remonter le temps n'existe pas.

 

 

 

 

 

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:53

http://clio-cr.clionautes.org/IMG/jpg/bord.jpg

 

Parmi les nombreuses publications plus ou moins heureuses qui ont lieu dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, en voici une que je recommande tout particulièrement pour plusieurs raisons:


- l'ouvrage essaye de mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il y a à connaître de ce conflit, tout en essayant d'en renouveler l'approche au regard des dernières avancées historiographiques (de quoi se remettre à niveau et corriger certaines idées reçues),

 - il embrasse un espace géographique très large afin de montrer les différents aspects du conflit sur l'ensemble du globe,

 - il discute en les mettant en perspective, certains points comme celui de la "brutalisation" des sociétés qu'aurait provoquée la Grande Guerre, celui de "guerre totale" qui lui est parfois appliquée ou celui de "course aux armements" qui, en fait, s'applique surtout aux marines plus qu'à l'infanterie.

 

Si vous cherchez un ouvrage assez complet, facile à lire, intéressant et au fait des dernières avancées historiographiques, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage de François Cochet.

 

Autres ouvrages consacrés à la Première Guerre déjà commentés ici:


- La Première Guerre mondiale - tome 1 (sous la direction de Jay Winter)

- La Première Guerre mondiale - tome 2 (même direction)


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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:54

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/eb/Com%C3%A9die_Fran%C3%A7aise_colonnes.jpg/1280px-Com%C3%A9die_Fran%C3%A7aise_colonnes.jpg

 

Dans le numéro du 15 janvier 1915 de la Revue des deux mondes, le journaliste et critique de théâtre, René Doumic, par ailleurs académicien, consacre un article à la réouverture des théâtres qui étaient restés fermés depuis août 1914.

Après le constat de départ et un discours très convenu sur les raisons morales de cette suspension, et avant un très très long exposé sur les vertus du théâtre de Corneille, il nous livre les difficultés matérielles auxquelles les théâtres furent, en réalité, confrontés avant de conclure sur des signes d'espoir.

 

" La déclaration de guerre avait eu pour effet immédiat de fermer les quelques scènes parisiennes qui continuent à donner des représentations en été. Depuis lors, la guerre s'est prolongée, beaucoup de ceux qui avaient quitté Paris y sont rentrés, tout le monde a fait un louable effort pour reprendre, dans la mesure du possible, son activité ordinaire. Les théâtres ont été autorisés à rouvrir, sous le contrôle de deux ou trois censeurs. Ils ont été à peu près unanimes à ne faire de la permission qui leur été octroyée aucun usage. Ni le Vaudeville, ni le Gymnase, ni aucun des théâtres de genre classés n'en ont profité. Des deux théâtres de déclamation subventionnés, seule la Comédie-Française a, non pas ouvert, mais entr'ouvert ses portes. Ici ou là on annonce une série de représentations sans lendemain. Ailleurs, on organise des matinées dites nationales, avec récitations et allocutions patriotiques. Ailleurs, on donne, au bénéfice de quelque oeuvre de secours militaire ou d'assistance sociale, des spectacles coupés. En somme, un minimum de vie théâtrale. Et c'est encore un des aspects particuliers à cette guerre qui ne ressemble à aucune autre (...): pour la première fois nous assistons au chomâge à peu près complet de nos théâtres.


Suit alors l'exposé des causes morales, puis

 

D'autre part, le théâtre est étroitement dépendant des sujétions matérielles. La moindre représentation exige non seulement une troupe d'acteurs exercés, mais tout un bataillon de comparses, figurans (sic), machinistes, accessoiristes, électriciens. La plupart ont été mobilisés: il ne reste que des équipes désorganisées, réduites aux élémens (sic) les moins jeunes et les moins actifs. Avec le développement qu'a pris la mise en scène, depuis quelques temps, l'industrie du théâtre est devenue très coûteuse, et chaque soirée entraîne des frais considérables: le directeur ne se soucie pas d'engager des dépenses qu'il n'est nullement assuré de couvrir. Quant aux spectateurs, dont les revenus sont diminués, et qui ont déjà beaucoup de peine à faire face aux dépenses de première nécessité, ils hésitent à grever encore leur budget, en y ajoutant des dépenses de luxe; et on sait quels prix, d'ailleurs insensés, avaient atteints aux dernières nouvelles les places de théâtre. Ajoutez que, le soir, les rues sont à peine éclairées et les moyens de communication font complètement défaut. Les autobus sont partis, pour servir au ravitaillement des troupes; il paraît même qu'ils s'acquittent de cette fonction à ravir et qu'ils y ont trouvé l'emploi qui leur convient le mieux. Les taxis-autos ont été, pour la plupart, réquisitionnés. Les fiacres eux-mêmes manquent de chevaux. Ni tramways ni métro ne marchent à l'heure de sortie des théâtres. Plutôt que de traverser, à pied, un Paris plongé dans l'obscurité, on préfère rester chez soi. C'est pourquoi tout se réduit à quelques matinées où le public, - qui s'y presse, - est composé, en majeure partie de jeunes gens. Dans ces matinées, - je songe surtout à celles de la Comédie-Française, - les seules pièces qu'on se soit aventuré à donner sont celles qui, du Cid à la Fille de Roland, représentent chez nous la tradition du drame héroïque. On les a écoutées avec ferveur, on les a acclamées. Les vieux chefs-d'oeuvre ont été au coeur des Français d'aujourd'hui, qui y reconnaissaient leurs propres sentimens (sic): le spectacle étant dans la salle, autant que sur la scène.


(...)


Les théâtres devront-ils en rester là ? Je ne le crois pas. On nous a déjà fait savoir que le gouvernement s'est préoccupé d'assigner à M. Albert Carré un poste qui lui permît de concilier son devoir militaire avec l'administration de la Comédie-Française. (...) Il est nécessaire en effet de donner aux esprits un peu de détente. (...) Puisque nous avons encore devant nous de longs jours d'épreuves et puisqu'il nous faut faire provision de courage et de patience, le meilleur moyen n'est-il pas d'offrir à l'imagination quelque aliment ? Le besoin s'en fait sentir dans toutes les classes sociales et plus particulièrement dans le peuple. Pourquoi n'organiserait-on pas pour lui des représentations à bon marché ?Nous en profiterions tous. Le théâtre est devenu trop dépendant des luxueuses mises en scène; il s'encombre et s'embarrasse de toute sorte d'accessoires inutiles qui entravent sa marche: qu'il revienne au système d'antan, qui était le bon: quatre fauteuils sous un lustre. L'hiver dernier, un petit théâtre, ayant résolument rompu avec tout l'aria de la mise en scène moderne, et remplacé les décors coûteux par une toile de fond, de sujet vague et de couleur neutre, tout Paris courut à la salle du Vieux-Colombier. Que des troupes de bonne volonté s'improvisent, qu'elles remplacent tout ce qui leur manquera par beaucoup de cordialité: je ne prédis par seulement le succès, je leur donne l'assurance qu'elles nous rendront de grands services. Elles contribueront à soutenir notre moral.

 

Enfin, il appelle à jouer des pièces autre qu'héroïques: Molière, Regnard, Beaumarchais, Emile Augier, avant de terminer par l'inévitable couplet patriotique.

 

Raviver notre tradition littéraire, c'est encore faire oeuvre de défense nationale. Car cela aussi l'ennemi l'a attaqué et menacé de destruction. Et c'est aussi pour nous conserver cette partie du patrimoine sacré que se battent nos soldats ".

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:44

http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/88/46/20140511/ob_91eeb3_1-ww-winter-fayard-vol-2.jpg

 

Autant j'avais été plutôt enthousiaste à la lecture du premier tome (ici), autant celle du deuxième, consacré à la façon dont les Etats ont géré la guerre, m'a laissé bien plus dubitatif: il y a pas mal de redites par rapport au premier tome, beaucoup trop de verbiage souvent inutile et des exemples parfois mal développés ou mal explicités. La briéveté du billet dira assez, du reste, ma déception.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 20:59

 

http://www.tableau-noir.net/site/tableau_06.jpg

(Prof planqué derrière le bureau en attendant la prochaine tuile !)

 

C'est bien dommage que les vacances ne durent pas plus longtemps et qu'une semaine soit presque déjà passée car je ressens de plus en plus d'appréhension et de mal-être à l'idée de remettre les pieds au collège.


Marre de ce chef d'établissement qui dirige de plus en plus en autocrate au point de violer ouvertement les lois sans que personne ne proteste, ni ne le rappelle à l'ordre en haut lieu (non-tenue d'une Commission permanente avant le Conseil d'administration où se vote la répartition des moyens pour l'année suivante, alors que la loi exige cette réunion; refus de revenir sur l'évaluation sans notes en 6ème quoique l'expérimentation arrive à son terme en cette troisième année d'application, sans demander l'avis de personne, alors que le Conseil d'administration devrait voter; décision unilatérale de faire travailler le mercredi jusque 12h30; volonté d'imposer aussi l'évaluation sans notes en 5ème et devant la réticence du Conseil pédagogique, mise en place d'une pseudo-consultation: les profs doivent rendre leur avis via l'Espace Numérique de Travail, donc sans aucun anonymat, et sans personne pour contrôler ensuite que les chiffres qu'il annoncera seront les bons |vive la démocratie]; interdiction totalement illégale de parler aux familles et aux élèves de l'existence des prépa-pro ...) !

Marre de l'apathie de mes collègues face à cela et des simagrées de "la Cour" qui gravite autour de Sa Majesté !

Marre des parents d'élèves dont la connerie devient de plus en plus manifeste, préférant se plaindre du poids des cahiers (il y a quelques années, c'étaient les livres), des interrogations surprises trop nombreuses dans telle ou telle matière plutôt que de se poser la question de l'éducation de leurs mômes... !

Marre de ces gamins qui ne fichent rien et qui ne viennent au collège que pour jacasser du matin jusqu'au soir, sans jamais avoir les 3/4 de leurs affaires !

 

Alors, oui, je suis bien content d'être loin du tableau noir, mais deux semaines de vacances, ça n'est qu'une rustique... jusqu'à quand tiendra-t-elle ? Je me sens sur le bord d'exploser.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 18:44

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8b/B1.svg/576px-B1.svg.png

 

L'orientation librement choisie avec l'accès le plus large possible à toute l'information disponible: tel est le nouveau credo proclamé urbi et orbi par l'Education nationale afin de limiter l'échec scolaire et les sorties du système éducatif sans solution de rechange.

 

Dans la réalité, pourtant, les choses sont loin de correspondre à ce modèle sur papier glaçé que le ministère vend aux journalistes et aux associations de parents d'élèves et - je sais que je vais en décevoir certains - ce n'est pas par l'effet d'un quelconque conservatisme des équipes professorales, ni d'un quelconque rejet des filières d'apprentissages et du travail manuel par les profs que cela se produit.

 

La vérité, c'est que l'orientation de l'élève dépend moins de son choix et/ou de la libre délibération du Conseil de classe que d'impératifs économiques et budgétaires fixés par l'Académie qui doit faire avec les moyens qui lui sont donnés par le ministère.

Ainsi, par exemple, on fera facilement doubler un élève pour alléger les effectifs d'un niveau afin d' éviter de gonfler les effectifs au point de contraindre l'Inspection académique à devoir ouvrir une nouvelle classe; de même en va-t-il des passages: passe d'autant plus facilement l'élève que les suivants sont déjà en effectifs nombreux, là aussi, pour éviter d'avoir à ouvrir une nouvelle classe.

 

C'est exactement la même chose concernant les voies possibles de sortie avant la 3ème: leur faible nombre, le nombre de places limitées, l'impératif d'y faire place prioritairement aux élèves des "banlieues qui craignent", finissent aussi par pénaliser ceux qui ont le malheur de faire des demandes dans des collègues qui n'appartiennent pas à ces zones: au mieux, on les accuse de voler des places; au pire, on accuse le collège demandeur de mener une politique élitiste pour se débarrasser de ses "mauvais élèves". C'est exactement le genre d'accusation que la directrice du CIO (Centre d'Information et d'Orientation) s'est permis de formuler contre notre collège sous prétexte que la majorité des parents appartiennent à des Catégories socio-professionnelles favorisées, que nous avons un très bon taux de réussite au brevet et que notre collège serait un établissement "sans problèmes": ainsi, parce que les "chiffres" sont au vert, nos élèves auraient moins de droits que d'autres, même s'ils sont en difficultés scolaires, d'opter pour des solutions autres qu'une classe de 3ème classique ! Belle conception de l'élève libre de choisir en conscience son orientation !

 

Scandale aussi du côté de l'administration du collège qui, l'an dernier, s'est formalisée du nombre important de dossiers déposés pour un nouveau dispositif qui semble les avoir séduit: les 3ème prépa-pro, mais sous prétexte, cette fois-ci, qu'on risquait de perdre un nombre trop important d'élèves et donc de perdre une classe !

 

Conséquences cette année: les professeurs principaux de 4ème ont reçu ordre de ne pas parler de la 3ème prépa-pro aux élèves et à leur famille et de ne même pas tenter de les informer par d'autres biais, car tout dossier qui serait déposé serait immédiatement déchiré et jeté à la poubelle !

C'est sans doute cela, l'orientation librement choisie !

 

Cela valait bien ce coup de gueule pour dénoncer cette gestion purement comptable de l'orientation qui n'est pas le fait des profs, mais d'impératifs fixés par le ministère, l'Académie et l'administration, en fonction des économies budgétaires à réaliser... et tant pis si le nombre d'élèves qui sortent du système éducatif sans solution est en constante augmentation.



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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 11:21

A signaler deux romans policiers intéressants dans ceux que l'une de mes collègues m'a passés:

 

- Pur, d'Antoine Chainas

 

http://1.bp.blogspot.com/-1sUGpaqO8so/UioGiazPS5I/AAAAAAAAA5c/KH6_WXQ2dZo/s320/antoine+chainas+PUR.jpg

 

Ou comment, exploitant un fait divers et jouant de l'amnésie partielle du rescapé qui croit avoir été victime d'un tir lors d'une course-poursuite avec des Arabes, un maire de droite de la Côte-d'Azur, plus ou moins lié à des mouvances extrêmistes en cheville avec certains policiers et aux plus riches de ses concitoyens qui se protègent des pauvres dans des cités fermées et ultra-sécurisées, cherche à en tirer le plus de profit possible pour susciter des émeutes en espérant en tirer le bénéfice de sa réelection.

 

- Yeruldelgger, de Ian Manook

 

http://i-exc.ccm2.net/iex/1280/1906779534/796751.jpg

 

Ou comment découvrir la Mongolie post-communiste, l'influence de la Chine et de l'extrême-droite nationaliste et certaines des coutumes ancestrales mongoles, à travers les enquêtes d'un policier d'Oulan-Bator dont le prénom est aussi le titre du roman.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 16:39

Peu de chansons en langue allemande se sont imposées à l'Eurovision et quand on dit peu, c'est, en fait, très peu, car elles ne sont que deux; deux chansons qui, autre particularité, ont eu leur version française chantée par l'interprète original.

C'est deux chansons sont:

 

- En 1966, Merci chérie, pour l'Autriche, par Udo Jürgens (version originale d'abord, française ensuite)

 

 

 

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- En 1982, Ein bißchen Frieden, par Nicole, pour l'Allemagne(version allemande d'abord, française ensuite)

 

 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 13:33

http://img.tvmag.lefigaro.fr/ImCon/Arti/79600/PHO37797fda-8d8c-11e3-8d3f-ad25b587d228-350x250.jpg

 

C'est par ces simples mots qu'Alison Arngrim (Nellie Oleson) a annoncé sur son compte Twitter la mort, survenue le 03 février 2014, à l'âge de 89 ans, du comédien Richard Bull qui incarna, entre 1974 et 1983, dans la série la Petite Maison dans la Prairie, le rôle de Nells Oleson, l'épicier du village, époux de l'irascible Harriet (Katherine MacGregor).

L'occasion de découvrir qu'avant d'avoir incarné ce rôle qui finalement l'a rendu très populaire et lui a sans doute assuré une certaine forme d'immortalité, l'acteur avait joué aux côtés de plus grands (Greogory Peck, Burt Lancaster, Steve McQueen, Clark Gable, Clint Eastwood).

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